CHASSE MORTELLE 20J
mépriser sa défense serait mis à mort, quel qu'il fut.
Ce roi avait deux fils qui, peu de temps après le départ de leur père, eurent envie de chasser. Quand ils voulurent entrer dans la forêt royale, les gardes s'y opposèrent, en disant que la défense était pour tout le monde ; mais les princes dirent que leur père avait sans doute eu l'intention de faire exception pour eux, et ils menacèrent les gardes d'entrer de force dans la forêt, s'ils ne consentaient pas à les y laisser pénétrer de plein gré. Les gardes cédèrent, et pendant plusieurs jours les princes se livrèrent au plaisir de la chasse.
A son retour le foi s'aperçut qu'on avait enfreint ses ordres, et il fit venir ses gardes; il leur reprocha durement leur négligence, et il jura de les faire pendre, s'ils ne lui découvraient les noms des coupables.
— Ce sont vos fils, sire, qui ont chassé, et nous n'avons osé porter la main sur eux.
■- — Us mourront, dit le roi; j'ai donné ma
parole de punir, et les paroles de roi ne se cassent point.
Cependant, quand sa colère fut calmée, ses conseillers lui représentèrent que ces deux princes étaient les seuls héritiers du royaume, et que l'intérêt même de l'Etat exigeait qu'ils ne fussent pas mis à mort. Mais tout ce qu'on put obtenir du roi, c'est qu'un seul des deux coupables subirait la peine, et il décida que le sort désignerait celui qui porterait sa tête sur l'échafaud, pour dégager la parole royale.
Il fit préparer deux chambres dans son château : l'une était ornée des meubles les plus somptueux, et d'un dais sous lequel on voyait le trône ; l'autre était tendue de noir, et au milieu étaient le billot avec la hache de l'exécuteur et la châsse pour recevoir le corps de celui qui devait mourir.
Le roi fit écrire deux billets, portant écrit lé sort de ceux qui les tireraient : l'aîné, qui fut appelé le premier, prit un des papiers; on y lisait le mot « Royauté », et le plus jeune