‹ Contes du lit-clos: Récits et légendes bretonnes en versChapitre 12 sur 86 · LE CLOCHER DE TRÉGUIER · texte numérisé non relu

LE CLOCHER DE TRÉGUIER

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Ya y vatï il faut bien reconnaître Que le Diable est un fin matois...

Mais il trouva souvent son maître Au bon vieux Pays Trécorrois,

Et la preuve que Ton demande Je n'irai pas loin la chercher :

Je vas vous conter la Légende, Mes amis, de votre Clocher 1

Au dernier Siècle, la vallée N'était pas dominée encor Par la belle flèche effilée Qui fait la gloire du Trécor.

L'église, certe, était des belles Parmi celles- des alentours Avec son Cloître et ses chapelles, Sa grande nef et ses trais tours ;

On admirait déjà ses stalles, Son lutrin de chêne sculpté, Et bien des riches Cathédrales Semblaient pauvrettes à côté!...

Mais le Curé, nous dit l'Histoire, Voulait un Clocher sans rival Qui chanterait, plus haut, la Gloire, Des Saints Yves et Tugdual.

Il fit venir des architectes Qui, de la règle et du crayon, Tracèrent des lignes correctes...

Sans aboutir à rien de bon;

Les maçons firent leur ouvrage...

Mais ne le firent guère mieux; Et le curé perdait courage En se sentant devenir vieux.

Or, voilà qu'un soir de Décembre, Comme il se désolait ainsi, Sans frapper, Satan dans sa chambre Entra, prit un siège et s'assit.

Et, durant que la flamme bleue Léchait ses mollets, le Maudit Sur ses genoux posa sa queue, 'Toussa, fit trois fois : hum ! et dit :

« Enfin, l'Abbé, sous tes paupières < Je vois les pleurs que j'attendais !

« Tous tes maçons, piqueurs^de pierres, « Architectes, sont des niais ;

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