‹ Contes du lit-clos: Récits et légendes bretonnes en versChapitre 69 sur 86 · LA CHANSON DU RÉVEIL · texte numérisé non relu

LA CHANSON DU RÉVEIL

Eveillez-vous, mon blond mignon, Dans votre petit nid de mousse :

Le soleil, de son chaud rayon, Vient caresser votre frimousse ; Votre bel ami l'oisillon Vous appelle de sa voix douce, Eveillez-vous mon blond mignon, Dans votre petit nid de mousse !

Ouvrez vos grands yeux étonnés Couleur de paradis encore, Du paradis d'où vous venez, O ma petite fleur d'aurore !

Les chérubins sont prosternés Pour voir votre regard éclore :

Ouvrez vos grands yeux étonnés Couleur de paradis encore !

En me souriant montrez-moi Ces quatre méchantes quenottes Qui firent tant souffrir mon roi Qu'il en eût les lèvres pâlottes; Serrez bien fort mon petit doigt Entre vos petites menottes!

En me souriant montrez-moi Vos quatre premières quenottes I

C'est de ma vie, ô mon Jésus!

Que ta frêle existence est faite...

Mais, un jour, moi qui te conçus, Tu m'oublieras dans quelque fête:

Prends mon cœur et montant dessus, Du pur bonheur atteins le faîte Et que toujours, ô mon Jésus!

Ta seule volonté soit faite!...

(Musique de P. Delmet. — Enoch et O, éditeurs.)

LA SABOTIERE

Amis, choquons en cadence Nos sabots, petits et gros,.

Car voici que je commence La chanson des vieux sabots:

Fendus comme des pois-chiches, Mes sabots ne sont point beaux

Clic ! clac ! clic ! clo !

Mes sabots ne sont point riches..

Mais je suis dans mes sabots !

Sabotiers et sabotières

Les taillent dans la forêt ;

Les paroirs et les terrières

Virevoltent sans arrêt ;

Leur en faut gagner des miches

Pour nourrir tous leurs marmots!

Clic ! clac ! clic ! clo !

Mes sabots ne sont point riches...

Mais je suis dans mes sabots !

On sait ce que Ton achète; On sait où Ton met ses pieds :

C'est du bon cuir de brouette, Du vrai cuir de châtaigniers !

Pour aller le long des friches Mener paître mes troupeaux,

Clic / clac ! clic ! clo !

Mes sabots ne sont point riches...

Mais je suis dans mes sabots !

Mon père ainsi que son père, Comme aussi tous leurs aïeux, En usaient plus d'une paire...

Et ne s'en portaient que mieux :

Ce sont presque des fétiches Ces « écraseurs de crapauds » !

Clic / clac ! clic ! clo !

Mes sabots ne sont point riches...

Mais je suis dans mes sabots I

Ils nous font le pied rapide Pour arpenter nos vieux champs; Ils sont une arme solide Pour assommer les méchants; Légères comme des biches Ils font sauter nos Margots 1

Clic ! clac ! clic ! clo !

Mes sabots ne sont point riches...

Mais je suis dans mes sabots !

Pariois, un de nos gâs tâche De se faire un pied pointu :

Il se traîne comme un lâche, M boîte à pied-que-veux-tu !

Serons-nous assez godiches Pour imiter ces nigauds

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