LA CHANSON DU RÉVEIL
Eveillez-vous, mon blond mignon, Dans votre petit nid de mousse :
Le soleil, de son chaud rayon, Vient caresser votre frimousse ; Votre bel ami l'oisillon Vous appelle de sa voix douce, Eveillez-vous mon blond mignon, Dans votre petit nid de mousse !
Ouvrez vos grands yeux étonnés Couleur de paradis encore, Du paradis d'où vous venez, O ma petite fleur d'aurore !
Les chérubins sont prosternés Pour voir votre regard éclore :
Ouvrez vos grands yeux étonnés Couleur de paradis encore !
En me souriant montrez-moi Ces quatre méchantes quenottes Qui firent tant souffrir mon roi Qu'il en eût les lèvres pâlottes; Serrez bien fort mon petit doigt Entre vos petites menottes!
En me souriant montrez-moi Vos quatre premières quenottes I
C'est de ma vie, ô mon Jésus!
Que ta frêle existence est faite...
Mais, un jour, moi qui te conçus, Tu m'oublieras dans quelque fête:
Prends mon cœur et montant dessus, Du pur bonheur atteins le faîte Et que toujours, ô mon Jésus!
Ta seule volonté soit faite!...
(Musique de P. Delmet. — Enoch et O, éditeurs.)
LA SABOTIERE
Amis, choquons en cadence Nos sabots, petits et gros,.
Car voici que je commence La chanson des vieux sabots:
Fendus comme des pois-chiches, Mes sabots ne sont point beaux
Clic ! clac ! clic ! clo !
Mes sabots ne sont point riches..
Mais je suis dans mes sabots !
Sabotiers et sabotières
Les taillent dans la forêt ;
Les paroirs et les terrières
Virevoltent sans arrêt ;
Leur en faut gagner des miches
Pour nourrir tous leurs marmots!
Clic ! clac ! clic ! clo !
Mes sabots ne sont point riches...
Mais je suis dans mes sabots !
On sait ce que Ton achète; On sait où Ton met ses pieds :
C'est du bon cuir de brouette, Du vrai cuir de châtaigniers !
Pour aller le long des friches Mener paître mes troupeaux,
Clic / clac ! clic ! clo !
Mes sabots ne sont point riches...
Mais je suis dans mes sabots !
Mon père ainsi que son père, Comme aussi tous leurs aïeux, En usaient plus d'une paire...
Et ne s'en portaient que mieux :
Ce sont presque des fétiches Ces « écraseurs de crapauds » !
Clic / clac ! clic ! clo !
Mes sabots ne sont point riches...
Mais je suis dans mes sabots I
Ils nous font le pied rapide Pour arpenter nos vieux champs; Ils sont une arme solide Pour assommer les méchants; Légères comme des biches Ils font sauter nos Margots 1
Clic ! clac ! clic ! clo !
Mes sabots ne sont point riches...
Mais je suis dans mes sabots !
Pariois, un de nos gâs tâche De se faire un pied pointu :
Il se traîne comme un lâche, M boîte à pied-que-veux-tu !
Serons-nous assez godiches Pour imiter ces nigauds