‹ Contes du lit-clos: Récits et légendes bretonnes en versChapitre 72 sur 86 · LES AVOINES GRISES · texte numérisé non relu

LES AVOINES GRISES

(Sône)

Tout le long des avoines grises Je vas promenant mon ennui :

Je n'entends plus jaser les brises, J'ignore si le soleil luit...

De l'aurore jusqu'à la nuit Tout le long des Avoines grises Je vas promenant mon ennui î

Tout le long des Avoines grises Nous rôdions à deux, Tan dernier !

Mon cœur, il faut que tu me dises Pourquoi tu ne peux oublier!...

Au retour du mois printanier Tout le long des Avoines grises Nous rôdions à deux, l'an dernier!

Tout le long des Avoines grises Nous rôdions, tous deux la Lison :

Pourquoi faut-il que des promises Désertent, un jour, leur maison?..

Et je chante, seul, ma Chanson :

Tout le long des Avoines grises Je la chantais avec Lison !

Tout le long des Avoines grises • Nous menions paître nos troupeaux De pain, de fraises, de cerises Nous nous régalions aux repos ;

Je lui tenais de doux propos...

Tout le long des Avoines grises, Nous menions paître nos troupeaux !

Tout le long des Avoines grises On fit des serments solennels, Et j'ai, sur ses lèvres exquises, Bu les poisons les plus mortels...

Comme devant les saints Autels Tout le long des Avoines grises On fit des serments solennels!

Mais, un matin, l'Avoine grise Dut être fauchée à son tour:

Le même jour l'ingrate Lise Loin de moi s'en fut, sans retour!..

Depuis, je pleure nuit et jour, Car en fauchant l'Avoine grise On a tauché mon pauvre amour!

... Et voici que l'Avoine grise

Déjà monte et déjà mûrit!..

Je pleure toujours ma promise,

Mon désespoir n'est pas guéri !

Des coquelicots ont fleuri ?

Que non pas : dans l'Ave ine grise

C'est le sang de mon cœur meurtri !

{Cette poésie est éditée séparément. — G. Ondet, éditeur.)

Page 1