‹ Contes en vers et chansonsChapitre 27 sur 79 · CHANSONNETTE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CHANSONNETTE HISTORIQUE

Ain du Ballet des Pierrou.

Dans le bon vieux temps, maint usage Attestait les droits du seigneur; Droits «le cuissage et de jambage Ktaient alors fort en vigueur.

Parmi ces usages très-drôles, Ecoutez un peu celui-ci , Que j'ai trouvé sur les contrôles Du châtelain de I^'thizy.

i5â LA JjULLE de savon.

Lorsque passait dans son domaine De ces filles au doux minois , Que le plaisir souvent entraîne, Qui de l'amour suivent les lois , Il fallait qu'alors la petite Allât, sans marquer nul souci , Payer quatre deniers, bien vile, Au châtelain de Béthizy.

Quatre deniers! allez- vous dire,

Ce n'est là qu'un droit fort petit ;

Pour moi , je trouve que le sire

Devait en tirer grand profit;

Songez donc que toute amourette

Etant par là taxée aussi ,

On enflait souvent la cassette

Du châtelain de Béthizy. '^^ ^"^^

De crainte que par quelques belles L'usage ne fût oublié, Le seigneur guettait toutes celles Qui n'avaient pas encor payé.

Surveillant chaque tête-à-tête, Que de choses il vit ainsi !...

Il n'était vraiment pas si bête Le châtelain de Béthizy !

Chez nous si l'on voyait les filles Pour un faux p^s payer encor, Nos Françaises sont si gentilles, Qu'elles grossiraient le trésor;

Pour moi, content de mon salaire, Je serais riche, Dieu merci !

Si, dans Paris, je pouvais l'aire Le châtelain de Béthizy.

UIN BAISER DC MO?i FILS.

Air : Musc des bois.

Lorsque j'étais au printemps de ma vie, Et que l'amour remplissait seul mon cuur, Tendres faveurs d'une femme jolie Etaient pour moi le suprême bonheur.

Ah ! j'ignorais qu'il fût dans la nature In sentiment [)lus parfait, plus exquis; Mais j'ai connu l'ivresse la plus pure En recevant un baiser de mon (ils.

Encor dans l'âge et d'aimer et de plaire, Déjà mon fds m'occupe conslamment.

Et, je le .sens, le bonheur d'rlre pr-n* Est bien plus doux que celui d'être amant. On est parfois trompé par sps maîtresses, Soi-même on manque h c<* «ju'on a proini.s ; Mais nul soupçon ne sr mêle aux caresses En recevant un baiser de son fils.

Vous que je vois au sein de l'opulence, Pour des grandeurs vous agiter encor, Malgré votre or, malgré votre puissance. Je ne saurais envier votre sort.

Vrais courtisans, chaque jour on vous trouve De vains honneurs, de titres plus épris! Connaissez-vous le bonheur qu'on éprouve En recevant un baiser de son fils ?

En vieillissant nous ne sentons plus naître Ce feu brûlant que Ton appelle amour ; Ce feu plus doux, qu'un fils nous fait connaître, Dans notre cœur s'augmente chaque jour ; Les cheveux blancs, s'ils éloignent les belles, Rendent pour nous nos enfans plus soumis ; Et songe-t-on que le temps a des ailes En recevant un baiser de son fils ?

Jouets du sort, par un revers funeste,

En un instant il détruit nos projets;

Qu'il m'ôte tout, mais que mon fils me reste.

Sans murmurer j'attendrai ses décrets^

Tranquille alors à mon heure dernière.

Je ine dirai près de lui je finis.

Heureux encor de fermer ma paupière

En recevant un baiser de mon fils!

LE CHEVALIER ERRAÎNT.

Air connu de M. !Mcngat.

Dans un vieux château de l'Andalousie , Au temps où l'amour se montrait constant, Où beauté, valeur et galanterie Guidaient au combat un fidèle amant , Un preux chevalier un soir se présente , Visière levée et la lance en main ,

Il vient demander si'sa douce amante N'est pas, par hasard, chez le cliâtelain.

<( Noble clievalier, quelle est votre amie? »

Demande à son tour (e vieux châtelain.

(( — Ah ! des fleurs d'amour c'est la plus jolie 1

» Elle a teint de rose et peau de satin ;

» Elle a de beaux veux, dont le doux langage

w Porte en notre cœur plaisirs et tourmens!

)) Elle a tout enfin , elle est belle et sage.

)) — Pauvre clievalier, chorrlierez long-temps.

» — Depuis qu'ai perdu cette noble dame, )) N'ai plus de rfpos, n'ai plus de plaisirs! » En chaque pnvs , guidé par ma flamme, » Vais cherchant Tobjet de tous mes désirs; » Des Gaules j'ai vu les plaines fleuries , » Du Nord parcouru lo climat lointain !

LA IjULLE Dli SAVON.

)) J'ai trouvé partout des femmes jolies; » Mais fidèle amie, hélas ! clierche en vain.

)) Guidez de mes pas la marche incertaine; )) Verrai-je en tous lieux mes désirs déçus? » — Mon fils , votre sort , hélas I me fait peine, » Ce que vous cherchez ne se trouve plus ; )) Poursuivez pourtant votre lon^j voyaj^e , )) Et, si rencontrez un pareil trésor, » Ne le perdez plus; adieu , bon courage. » L'amant repartit, mais il cherche encor.

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