LA MARGUERITE
Air de M. Voiïfl.
Gentille jouvencelle
Compte ù peine seize ans;
Déjà son cœur recelle
D'amour chagrins naissans.
Sur son sein qui pal]>ito,
Est une marguerite,
CiCtte fleur, qui dit tout,
Hépond à la petite :
" On t'aime un peu , beaucoup. »
Celui qui sut lui plaire Déclare son amour, Et la naïve Claire Promet tendre retour; Puis, voulant en cachefto Voir si feu d'amourette Durera constannntMit,
Prend la fleur qui répète :
<( Oui, passionnément. »
Raison nous abandonne Quand amour est vainqueur; La ber{^ère se donne A l'ami de son cœur.
Notre pauvre petite De l'amour qui l'agite Sent s'accroître le feu , Mais , las ! la marguerite N'en promet plus qu'un peu.
La pauvrette attristée Vient aux champs chaque jour, Mais la fleur, consultée.
N'annonce plus d'amour.
Vous qui de la tendresse Goûtez la douce ivresse, Conservez votre erreur, Après une faiblesse N'effeuillez plus la fleur.