LE BERGER ET LA BERGÈRE
PASTORALE , SI l'oN VEUT.
Air : Vos mari» en Palestine.
« OÙ donc allez -vous , bergère ?
» — Je me rends aux champs, berger.
» — Vous me permettrez , j'espère ,
)) Avec vous de voyager.
» — A votre désir j'adhère,
» Si ça peut vous obliger. »
Et là-dessus , la bergère
A pris le bras du berger.
« Je crois qu'il tonne , bergère.
» — Je le crois aussi , berger j » Je suis mise à la légère.
» — Je n'ai pas de quoi changer ; » Mais cette grotte, ma chère , » Peut fort bi<'n nous ])rr)t(''{jrr.
» — Entrons-y, » dit la bcrgèrr.
« — Entrons-y , » dit le berger.
« — Je VOUS adore , bergère.
» — Je vous aime aussi , berger.
» — Entendez- vous le tonnerre ,
» Ce temps va se prolonger !
M Mais ici sur la fougère,
» Nous braverons le danger.
>i — xili ! quel coup! » dit la bergère.
» — Ah ! quel coup ! » dit le berger.
« L'orage est passé , bergère.
» — Quoi! déjà passé, berger?
» — Retournons chez votre mère.
» — Non, c'est trop tôt y songer.
» Tenez, voyez, l'atmosphère
» Nous dit de ne pas bouger.
» — Il fait superbe , bergère.
» — Je vous dis qu'il pleut , berger. >»
Alors on vit la bergère Courant après son berger , Du ton d'une harengère Vouloir le dévisager.
Vous qui croyez aux Glycères , Aux Corydons mensongers , Dieu vous garde des bergères , Dieu vous garde des bergers.