‹ Contes en vers et chansonsChapitre 71 sur 79 · JE N'EN SAIS PAS DAVANTAGE · texte numérisé non relu

JE N'EN SAIS PAS DAVANTAGE

Âir de Paris et le village.

Hier , cueillant du réséda, J'aperçus Colin sur l'iierbette; Rose accourut, il l'aborda, Puis l'emmena sous la coudrette.

Le berger , d'un air satisfait :

Attirait Rose sous l'ombrage; Ce qu'ils ont dit , ce qu'ils ont fait ! . . . Ah ! je n'en sais pas davantage.

Lise veut un jeune mari;

Mais sa mère, malgré ses larmes,

Fait d'un vieillard tout rabougri

Le possesseur de tant de charmes.

La pauvrette se chagrinant ,

Après un mois de mariage ,

Dit : « Je suis femme maintenant...

» Mais je n'en sais pas davantage. »

Biaise, au moment d'être l'époux De la grande et sotte Colette , Lui dit : « Çà , ma belle, entre nou'g, )) Vous aurait-on conté fleurette?

» — Ah ! » dit-elle, en bai.s.sant les veux, « J' crois me souvenir, qu'au village, » J'avions trois petits amoureux...

») Mais je n'*n sais pas davantage. »>

Le fils de certain grand seigneur Avait une tête fort dure , On lui donna maint précepteur, On voulut forcer la nature; Ses maîtres le louaient beaucoup, Et , quand ce fut un personnage , Le jeune homme parlait de tout , Mais n'en savait pas davantage.

On nous vante des bienheureux Les jouissances éternelles ; On nous promet d'aller près d'eux , Si nous sommes sages, fidelles ; Mais, ici-bas, nous ignorons Quel est, là-haut, notre partage ; Et, tant que nous en parlerons, Nous n'en saurons pas davantage.

Page 1