L'ARABE ET SON COURSIER
Air (J'A;',iies Sorcl.
Sous le ciel brûlant d'Arabie,
Loin du rivage de la mer,
Enlevant maîtresse chérie ,
Olcar fuyait dans le désert.
Son coureier, à sa voix fidèle ,
Pressé par lui, double le pasi
Pour son nialtre) ardent^ plein de cèle^
>'lngt Ifoin il bmva le trépas.
LA BULLt DE SAVON. 26^
Mais sans eau , dans la plaine aride Bientôt il leur faudra mourir.
Et la jeune amante à son guide Se plaint déjà de trop souffrir.
Olcar, pour adoucir sa peine.
La laisse auprès de son coursier, Va vole éperdu dans la plaine Chercher quelque arbre nourricier.
Tandis qu'en la plaine brûlante L'Arabe court tout affronter, Une caravane brillante Passe aux lieux qu'il vif^nt de quitter. La belle, sans trop se défendre, Suit les pas d'un Mahoniétan ; Le coursier reste et veut attendre Le pauvre Olcar qu'il aime tant.
Olcar, pour trouv«'r une source, En vains efforts se consumait ; \Iais las ! au retour de sa course .
iNe voit plus celle (ju'il aimait ; !>♦' coursier seul attend son maître, Et , faisant un dernier effort .
Hennit dès (|u'il U' voit paraître .
ÎNiis à ses côtés tombe mort.
LES EiVFANS EGARES.
Air de l'Ermite (fe Sainl-Avelle.
Dans une sombre solitude, Deux enlans, de cinq à .six ans .
Portaient avec inquiétude Leurs regards doux et caressans.
Ils pressaient leur course légère.
Au bruit du tonnerre en courroux, En disant : « C.herclions notre père, » Le (]iel aura pitié de nous.
» (^est dans cette iorét proionde, » Que nous avons perdu .ses pas, » Ah! du moins s'il passait du monde, » On nous tirerait d'embarras.
» — Mais dans cette forêt, mon Irère, )' Si nous allions trouver des loups!... » — iNous avons perdu notre père, » Le Ciel aura pitié de nou.s.
» La nuit vient, je n'entends personne.
» Que diront nos parens ce soir?
» Connu en t notre mère , si bonne ,
» Dormira-t-elle sans nous voir?
» — Marchons toujours; ce soir, j'espère
») Me retrouver sur leurs genoux.
LA BULLE DE SAVON. aSDi
M Nous avons perdu notre père, » Le Ciel aura pitié de nous. »
» — Je suis las, mon frère; il ine semblé
» Qu'il faut nous reposer aussi.
» — As-tu faim? — Oh non, mais je tremble!
» Il faudra donc dormir ici?...
» — ^ie pleure pas si fort, mon frère,
« Le bon Dieu , là-haut, nous voit tous!
» JNous avons perdu notre père ,
» Il doit avoir pitié de nous. »
En .«îanglotant , sous le feuillage Les deux enfans se sont assis ; Et , malgré le bruit de l'orage , Ils se sont pourtant endormis ; Mais , en dormant , cette prière Se mêle à leur souffle si doux :
« Nous avons perdu notre père , » Bon Dieu , prenez pitié de nous ! »