‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 120 sur 174 · MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADRIGAL

Projet flatteur d’engager une belle,

Soins concertés de lui faire la cour,

Tendres écrits , serments d’être fidèle ,

La voici :

Je suis des Musulmans l’horreur et le modèle :

J’ai suivi les Césars, et suis encor pucelle.

Soit qu’il pleuve ou qu’il tonne ,

Je vais h l'abreuvoir;

Et la place que j’abandonne ISc sera prise par personne ,

Qu’il n’ait pissé sur son mouchoir.

Airs empressés, vous n’êtes point l’amour.

Mais se donner sans espoir de retour ,

Par son désordre annoncer que l’on aime,

Respect timide avec ardeur extrême,

Persévérance au comble du malheur,

Voilà l’amour : il n’est que dans mon cœur.

A MADAME DE POMPADOUR

Alors madame d'Étiole, qui venait de jouer la comédie aux petits appartements.

Ainsi donc vous réunissez

Tous les arts, tous les goûts, tous les talents de plaire : Pompadour, vous embellissez La cour, le Parnasse et Cythère.

Charme de tous les cœurs, trésor d’un seul mortel,

Qu’un sort si beau soit éternel !

Que vos jours précieux soient marqués par des fêtes;

Que la paix dans nos champs revienne avec Louis !

Soyez tous deux sans ennemis ,

Et tous deux gardez vos conquêtes.

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