‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 122 sur 174 · A MADAME DE BOUFFLERS, QUI S'APPELAIT MADELEINE · texte numérisé non relu

A MADAME DE BOUFFLERS, QUI S'APPELAIT MADELEINE

Chanson sur l'air des folies d'Espagne.

Votre patronne en son temps savait plaire;

Mais plus de cœurs vous sont assujettis.

Elle obtint grâce, et c’est à vous d'en faire,

Vous qui causez les feux qu’elle a sentis.

Votre patronne, au milieu des apôtres,

Baisa les pieds de son divin époux :

Belle Boudlers, il eût baisé les vôtres,

, Et saint Jean même en eût été jaloux.

ex.

IMPROMPTU

À madame du Châtelet, déguisée en turc, et conduisant au bal madame de Bouillers , déguisée en sultane.

Socs cette barbe qui vous cache,

Beau Turc , vous nie rendez jaloux :

Si vous ôtiez votre moustache,

Roxanc le serait de vous.

A M. DE PLEEN,

Qui attendait l'auteur chez madame de Graffigny, où l’on devait lire la Pucelle.

Comment, Ecossais que vous êtes,

Vous voilà parmi nos poètes !

Votre esprit es. de tout pays.

Je serai sans doute fidèle Au rendez-vous que j’ai promis;

Mais je ne plains pas vos amis,

Car cette veuve aimable et belle Par qui nous sommes tous séduits,

Vaut cent fois mieux qu’une pucelle.

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