‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 142 sur 174 · CL VI II · texte numérisé non relu

CL VI II

Sa?

Sur la mort de l'abbé de la Coste , qui était aux galères.

La Coste est mort! Il vaque dans Toulon,

Par ce trépas , un emploi d’importauce :

Ce bénéfice exige résidence.

Et tout Paris y nomme Jean Fréron.

AU ROI DE PRUSSE

Quand la triomphante Bcllone Par votre main raffermira Des Césars le funeste trône ;

Quand le Hongrois cultivera ,

A l’abri d’une paix profonde ,

Du Tokai la vigne féconde ;

Quand partout son vin se boira ,

Qu’en le buvant on chantera Les pacificateurs du monde ,

Mon prince à Berlin reviendra ;

Mon prince , à son peuple qui l’aime, Libéralement donnera Un nouvel et bel opéra Qu’il aura composé lui-même.

Chaque auteur vous applaudira ;

Car tout envieux que nous sommes Et du mérite et d'un grand nom ,

Un poëte est toujours fort bon A la tête de cent mille hommes.

Mais , croyez-moi , d'un tel secours Vous n’avez pas besoin pour plaire :

Fussiez-vous pauvre comme Homère,

Comme lui vous vivrez toujours.

Pardon si ma plume légère ,

Que souvent la vôtre enhardit,

Écrit toujours au bel esprit ,

Beaucoup plus qu’au roi qu’on révère.

Le Nord sanglant, à vos heureux progrès,

Vit des rois le plus formidable;

Moi qui vous approchai de près,

Je n’y vis que le plus aimable.

Vers gravés au bas d’une estampe où l'on voit un âne qui se met à braire , en regardant une lyre suspendue à un arbre, (i 5 )

Que veut dire Cette lyre ?

C’est Melpomène ou Clairon.

Et ce monsieur qui soupire Et fait rire , .

N’est-ce pas Martin Fréron ?

(i 5 ) Cette estampe se trouve à la tête d'une édition de la tragédie de Tancrède , imprimée chez les frères Cramer, en 1 761.

POÉSIES MÊLÉES. 33g

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