CL VI II
Sa?
Sur la mort de l'abbé de la Coste , qui était aux galères.
La Coste est mort! Il vaque dans Toulon,
Par ce trépas , un emploi d’importauce :
Ce bénéfice exige résidence.
Et tout Paris y nomme Jean Fréron.
AU ROI DE PRUSSE
Quand la triomphante Bcllone Par votre main raffermira Des Césars le funeste trône ;
Quand le Hongrois cultivera ,
A l’abri d’une paix profonde ,
Du Tokai la vigne féconde ;
Quand partout son vin se boira ,
Qu’en le buvant on chantera Les pacificateurs du monde ,
Mon prince à Berlin reviendra ;
Mon prince , à son peuple qui l’aime, Libéralement donnera Un nouvel et bel opéra Qu’il aura composé lui-même.
Chaque auteur vous applaudira ;
Car tout envieux que nous sommes Et du mérite et d'un grand nom ,
Un poëte est toujours fort bon A la tête de cent mille hommes.
Mais , croyez-moi , d'un tel secours Vous n’avez pas besoin pour plaire :
Fussiez-vous pauvre comme Homère,
Comme lui vous vivrez toujours.
Pardon si ma plume légère ,
Que souvent la vôtre enhardit,
Écrit toujours au bel esprit ,
Beaucoup plus qu’au roi qu’on révère.
Le Nord sanglant, à vos heureux progrès,
Vit des rois le plus formidable;
Moi qui vous approchai de près,
Je n’y vis que le plus aimable.
Vers gravés au bas d’une estampe où l'on voit un âne qui se met à braire , en regardant une lyre suspendue à un arbre, (i 5 )
Que veut dire Cette lyre ?
C’est Melpomène ou Clairon.
Et ce monsieur qui soupire Et fait rire , .
N’est-ce pas Martin Fréron ?
(i 5 ) Cette estampe se trouve à la tête d'une édition de la tragédie de Tancrède , imprimée chez les frères Cramer, en 1 761.
POÉSIES MÊLÉES. 33g