‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 146 sur 174 · A MADAME LA MARQUISE DE SAINT-AUBIN · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE DE SAINT-AUBIN

Auteur du livre intitulé , Le danger des liaisons.

J’ai lu votre charmant ouvrage :

Savez-vous quel est son effet ?

On veut se lier davantage Avec la muse qui l’a fait.

(16) Les trpis soeurs , la princesse de Virtemberg, la landgrave de Hesse-Cassel , et la princesse de Prusse, épouse du prince Auguste- Ferdinand , étaient trois des plus belles femmes de l'Europe.

POÉSIES SI ÊLÉES.

EPIGRAMME

Auboron, de la goutte attaqué ,

Se confessait, car il a peur du diable;

Il détaillait, de remords suffoqué,

De ses méfaits une liste effroyable.

Chrétiennement chacun fut expliqué :

Stupide orgueil , mensonge , ivrognerie ,

Basse impudence, et noire hypocrisie;

Il ne croyait en oublier aucun.

Le confesseur dit : Vous eu passez un. —

Un ? De par Dieu , j’en dis assez , je pense. —

Eh! mon ami, le péché d’ignorance!

A LA SIGNORA JULIA URSINA, de Venise,

Qui avait adresse une lettre très flatteuse et très agréable à M. de Voltaire, sans se faire connaître.

Etes-vous la déesse Isis,

Sous son grand voile méconnue?

Êtes-vous la mère des Ris?

Mais quelquefois elle était nue.

Nous voyons de vous un écrit Plein de raison , brillant et sage ;

Mais en nous montrant tant d’esprit,

Ne cachez plus votre visage.

IMPROMPTU

A une dame de Genève, qui prêchait l'auteur sur la Trinité.’

Oui, j’en conviens, chez moi la Trinité Jusqu'à présent n’avait pas fait fortune;

Mais j’aperçois les trois Grâces en une :

Vous confondez mon incrédulité.

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