‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 17 sur 174 · ÀZ0LAN, OU LE BÉNÉFICIER · texte numérisé non relu

ÀZ0LAN, OU LE BÉNÉFICIER

De n’en voir jamais qu’à la grille,

Et de vivre très chastement.

Le beau jeune homme étourdiment , Pour avoir des biens de l’Eglise, Conclut cet accord imprudent,

Sans penser faire une sottise.

Monsieur i’iman fut enchanté De l’éclat de sa dignité ,

Et même encor de la finance Dont il se vit d’abord payé ,

Par un receveur d’importance,

Qui la partageait par moitié.

Tant d'honneur et tant d’opulence frétaient rien sans un peu d’amour.

Tous les matins au point du jour,

Le jeune Azolan tout en flamme,

Et par son serment empêché,

Se dit dans le fond de son âme,

Qu’il a fait un mauvais marché.

Il rencontre la belle Amine,

Aux yeux charmants, au teint fleuri;

Il l’adore, il en est chéri.

Adieu la Mecque , adieu Médine ,

Adieu l’éclat d’un vaiu honneur,

Et tout ce pompeux esclavage;

La seule Amine aura mou cœur;

Soyons heureux dans mon village.

L’archange aussitôt descendit Pour lui reprocher sa faiblesse.

Le tendre amant lui répondit :

Voyez seulement ma maîtresse;

Vous vous êtes moqué de moi ,

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