‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 73 sur 174 · A MADEMOISELLE DE CHAROLOIS · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE CHAROLOIS

Peinte en habit de covdelier.

Frère Ange de Charolois,

Dis-nous par quelle aventure

Le cordon de saint François

Sert à Vénus de ceinture ? (3) ' ‘ ,

(a) Ces vers ont été attribués mal h propos à Ferrant

(3) M. de Voltaire sachant qu’on chantait ces vers sur l’air de Robin ture-lure , y ajouta , dit-on , d’antres couplets fort plaisants. Ce portrait donna lieu h beaucoup de plaisanteries; c’était le ton de cette cour ; en voici un échantillon :

Beau saint François, ne souffrez pas Qu'on perce vos mains délicates.

Dites à l'ange : C’est plus bas Qu'il faut appliquer les stigmates.

A MADAME DE

En lui envoyant les Œuvres mystiques de Fénelon.

Quand de la Guion le charmant directeur Disait au monde : Aimez Dieu pour lui^même, Oubliez-vous dans votre heureuse ardeur ,

On ne crut point à cet ampur extrême ;

On le traita de chimère et d’erreur;

On se trompait : je connais bien mon cœur,

Et c’est ainsi, belle Églé, qu,’il vous aime.

A LA MÊME

De votre esprit la force est si puissante,

Que vous pourriez vous passer de beauté ;

De vos attraits la grâce est si piquante ,

Que sans esprit vous auriez enchanté.

Si votre cœur ne sait pas comme on aime ,

Ces dons charmants sont des dons superflus :

Un seutiment est cent fois au-dessus Et de l esprit et de la beauté même.

v . XI.

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