‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 80 sur 174 · A MADAME DE FLAMARENS · texte numérisé non relu

A MADAME DE FLAMARENS

Qui avait brûlé son manchon parce qu’il n’était plus à la mode.

Il est une déesse inconstante , incommode ,

Bizarre dans ses goûts, folle en ses ornements,

Qui paraît, fuit, revient et naît en tous les temps :

Protée était son père , et son nom est la Mode.

II est un Dieu charmant, son modeste rival,

Toujours nouveau comme elle, et jamais inégal,

Vif sans emportement, sage sans artifice :

Ce dieu, c’est le Mérite. On l’adore dans vous.

Mais le Mérite enfin peut avoir un caprice ;

Et ce dieu si prudent, que nous admirions tous,

A la Mode à son tour a fait un sacrifice.

Vous que pour Flamarcns nous voyons soupirer,

Vous qui redoutez sa sagesse,

Amants, commencez d’espérer;

Flamarens vient enfin d’avoir une faiblesse.

INSCRIPTION POUR L’üRNE QUI RENFERME LES CENDRES

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