‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 98 sur 174 · A MADAME LA MARQUISE DE B · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE DE B

On ne peut foire ton portrait :

Folâtre et sérieuse, agaçante et sévère,

Prudente avec l’air indiscret,

Vertueuse, coquette, à toi-même contraire :

La ressemblance échappe en rendant chaque trait.

Si l'on te peint constante , on t’aperçoit légère ;

Ce n’est jamais toi qu’on a fait.

Fidèle au sentiment avec des goûts volages,

Tous les cœurs à ton char s’enchaînent tour à tour.

Tu plais aux libertins, tu captives les sages,

Tu domtes les plus fiers courages,'

Tu fais l’office de l’Amour.

On croit voir cet enfant en te voyant paraître ;

Sa jeunesse, ses traits, son art,

Ses plaisirs, ses erreurs, sa malice peut-être :

Serais-tu ce Dieu par hasard?

Sur ce que l'auteur occupait à Sceaux la chambre de M. de Saint-Aulaire , que madame la duchesse du Maine appelait son berger. •

J’ai la chambre de Saint-Aulaire Sans eu avoir les agréments;

Peut-être à quatre-vingt-dix ans ( 10 )

J’aurai le cœur de sa bergère :

11 faut tout attendre du temps,

Et surtout du désir de plaire.

(10) M. de Saint-Aulaire avait fait, à 95 ans, de jolis vers pour madame la duchesse du Maine.

28a POÉSIES MÊLÉES.

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