‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 101 sur 175 · A MADAME LA MARQUISE DE B · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE DE B

On ne peut faire ton portrait :

Folâtre et sérieuse , agaçante et sévère ,

Prudente avec l'air, indiscret.

Vertueuse, coquette, à toi-même contraire :

POÉSIE-S MÊLÉES. a8l

La ressemblance échappe en rendant chaque trait. Si Ton te peint constante , on t'aperçoit légère ;

Ce n'est jamais toi qu'on a fait.

Fidèle au sentiment avec des goûts volages, Tous les cœurs à ton char s'enchaînent tour à tour. Tu plais aux libertins , tu captives les sages ,

Tu domtes les plus fiers courages ,*

Tu fais l'office de l'Amour.

On croit voir cet enfant en te voyant paraître ;

Sa jeunesse, ses traits, son art, Ses plaisirs, ses erreurs, sa malice peut-être :

Serais-tu ce Dieu par hasard?

Sur ce que l'auteur occupait à Sceaux la chambre de M. de Saint-Aulaire , que madame la duchesse du Maine appelait son berger. '

J'ai la chambre de Saint-Aulaire '

Sans en avoir les agréments;

Peut-être à quatre-vingt-dix ans ( i o)

J'aurai le cœur de sa bergère :

Il faut tout attendre du temps ,

Et surtout du désir de plaire.

(10) M. de Saint-Aulaire avait fait, à o,5 ans, dé jolis vers pou* madame la duchesse du Maine.

a8a poésies atLÉEt.

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