A M. D'ARNAUD
Qui lui avait adressé des vers très flatteurs.
Mon cher enfant, tous les rois sont loués,
Lorsque l'on parle à leur personne ;
Mais ces éloges qu'on leur donne
Sont trop souvent désavoués.
J'aime peu la louange , et je vous la pardonne ; Je la, chéris eu vous puisqu'elle vient du cœur.
Vos vers ne sont pas d'un flatteur; Vous peignez mes devoirs , et me faites connaître Non pas ce que je suis, mais ce que je dois être. Poursuivez et croissez en.grâccs, en vertus; Si vous me louez moins, je vous louerai bien plus.
POÉSIES MÊLÉES. ' 3l I
A MADAME DE POMPADOUR
Dessinant une tête.
Pompadour, ton crayon divin Devait dessiner ton visage :
Jamais une plus belle main N'aurait* fait un plus bel ouvrage.
A LA MÊME
Après une maladie.
Lac hé sis tournait son fuseau, Filant avec plaisir les beaux jours d'Isabelle : J'aperçus Atropos qui , d'une main cruelle , Voulait couper le fil , et la mettre au tombeau. J'en avertis l'Amour ; mais il veillait pour elle ,
Et du mouvement de son aile, Il étourdit la Parque, et brisa son ciseau.