‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 126 sur 175 · A M. D'ARNAUD · texte numérisé non relu

A M. D'ARNAUD

Qui lui avait adressé des vers très flatteurs.

Mon cher enfant, tous les rois sont loués,

Lorsque l'on parle à leur personne ;

Mais ces éloges qu'on leur donne

Sont trop souvent désavoués.

J'aime peu la louange , et je vous la pardonne ; Je la, chéris eu vous puisqu'elle vient du cœur.

Vos vers ne sont pas d'un flatteur; Vous peignez mes devoirs , et me faites connaître Non pas ce que je suis, mais ce que je dois être. Poursuivez et croissez en.grâccs, en vertus; Si vous me louez moins, je vous louerai bien plus.

POÉSIES MÊLÉES. ' 3l I

A MADAME DE POMPADOUR

Dessinant une tête.

Pompadour, ton crayon divin Devait dessiner ton visage :

Jamais une plus belle main N'aurait* fait un plus bel ouvrage.

A LA MÊME

Après une maladie.

Lac hé sis tournait son fuseau, Filant avec plaisir les beaux jours d'Isabelle : J'aperçus Atropos qui , d'une main cruelle , Voulait couper le fil , et la mettre au tombeau. J'en avertis l'Amour ; mais il veillait pour elle ,

Et du mouvement de son aile, Il étourdit la Parque, et brisa son ciseau.

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