‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 141 sur 175 · A M. LE CHEVALIER DE LA TREMBLAIS · texte numérisé non relu

A M. LE CHEVALIER DE LA TREMBLAIS

Sur .la relation en vers et en prose de son voyage d'Italie.

Ce Chapelle, ce Bachanmont Ont fait un moins heureux voyage ; .Tout est épigramme ou chanson Dans leur renommé badin âge.

Vous parlez d'un plus noble ton , Et je crois entendre Platon Qui , revenant de Syracuse , Dans Athène emprunte la muse De Pindare et d'An acre on.

AU MÊME

Ce beau lac de Genève , où vous êtes venu , Du Cocyte bientôt m'offre les rives sombres : Vous êtes un Orphée , en ces lieux descendu Pour venir enchanter les ombres.

POÉSIES MEf£fE,t. fa?

ÇLVIII.

Sur la mort de l'abbé de la Coste , qui était aux galères.

La Coste est mort ! Il vaque dans Toulon ^ Par ce trépas , un emploi d'importance :

Ce bénéfice exige résidence, Et tout Paris y nomme Jean Fréron.

AU ROI DE PRUSSE

Quand la triomphante Bellone Par votre main raffermira Des Césars le funeste troue ; Quand le Hongrois cultivera , A l'abri d'une paix profonde , Du Tokai la vigne féconde ; Quand partout son vin se boira , Qu'en le buvant on chantera Les pacificateurs du monde , Mon prince à Berlin reviendra ; Mon prince , à son peuple qui l'aime.

Libéralement donnera Un nouvel et bel opéra Qu'il aura composé lui-même.

Chaque auteur vous applaudira ; Car tout envieux que nous sommes Et du mérite et d'un grand nom, Un poète est toujours fort bon À la tête de cent mille hommes.

3a8 POÉSIES MÊLÉES.

Mais , croyez-moi , d'un tel secours Vous n'avez pas besoin pour plaire :.

Fussiez- vous pauvre comme Homère, Gomme lui vous vivrez toujours.

Pardon si ma plume légère , Que souvent ïa vôtre enhardit , Ecrit toujours au bel esprit, Beaucoup plus qu'au roi qu'on révère.

Le Nord sanglant , à vos heureux progrès , Vit des rois le plus formidable; Moi qui vous approchai de près, Je n'y vis que le plus aimable.

Vers gravés au bas dune estampe où l'on voit un âne qui se met à braire , en regardant une lyre suspendue à un arbre, (i 5)

Que veut dire

Cette lyre ?

Cest Melpomène ou Clairon.

Et ce monsieur qui soupire

Et fait rire, .

N'est-ce pas Martin Fréron ?

(i5) Cette estampe se trouve h la tête d'une édition de la tragédie de Tancrède , imprimée chez les frères Cramer, en 1 761.

Ï0ÊSIES MÊLÉES. 3^9

GLXI.

IMPROMPTU

Sur l'aventure tragique 'd'un jeune homme de JLvon , qui se jeta dans le Rhône en 1762, pour une infidèle qui n'en valait pas la peine.

Êglé , je jure à vos genoux Que s'il faut, pour votre inconstance} Noyer ou votre amant ou vous , Je vous donne la préférence*

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