A M. LE CHEVALIER DE LA TREMBLAIS
Sur .la relation en vers et en prose de son voyage d'Italie.
Ce Chapelle, ce Bachanmont Ont fait un moins heureux voyage ; .Tout est épigramme ou chanson Dans leur renommé badin âge.
Vous parlez d'un plus noble ton , Et je crois entendre Platon Qui , revenant de Syracuse , Dans Athène emprunte la muse De Pindare et d'An acre on.
AU MÊME
Ce beau lac de Genève , où vous êtes venu , Du Cocyte bientôt m'offre les rives sombres : Vous êtes un Orphée , en ces lieux descendu Pour venir enchanter les ombres.
POÉSIES MEf£fE,t. fa?
ÇLVIII.
Sur la mort de l'abbé de la Coste , qui était aux galères.
La Coste est mort ! Il vaque dans Toulon ^ Par ce trépas , un emploi d'importance :
Ce bénéfice exige résidence, Et tout Paris y nomme Jean Fréron.
AU ROI DE PRUSSE
Quand la triomphante Bellone Par votre main raffermira Des Césars le funeste troue ; Quand le Hongrois cultivera , A l'abri d'une paix profonde , Du Tokai la vigne féconde ; Quand partout son vin se boira , Qu'en le buvant on chantera Les pacificateurs du monde , Mon prince à Berlin reviendra ; Mon prince , à son peuple qui l'aime.
Libéralement donnera Un nouvel et bel opéra Qu'il aura composé lui-même.
Chaque auteur vous applaudira ; Car tout envieux que nous sommes Et du mérite et d'un grand nom, Un poète est toujours fort bon À la tête de cent mille hommes.
3a8 POÉSIES MÊLÉES.
Mais , croyez-moi , d'un tel secours Vous n'avez pas besoin pour plaire :.
Fussiez- vous pauvre comme Homère, Gomme lui vous vivrez toujours.
Pardon si ma plume légère , Que souvent ïa vôtre enhardit , Ecrit toujours au bel esprit, Beaucoup plus qu'au roi qu'on révère.
Le Nord sanglant , à vos heureux progrès , Vit des rois le plus formidable; Moi qui vous approchai de près, Je n'y vis que le plus aimable.
Vers gravés au bas dune estampe où l'on voit un âne qui se met à braire , en regardant une lyre suspendue à un arbre, (i 5)
Que veut dire
Cette lyre ?
Cest Melpomène ou Clairon.
Et ce monsieur qui soupire
Et fait rire, .
N'est-ce pas Martin Fréron ?
(i5) Cette estampe se trouve h la tête d'une édition de la tragédie de Tancrède , imprimée chez les frères Cramer, en 1 761.
Ï0ÊSIES MÊLÉES. 3^9
GLXI.
IMPROMPTU
Sur l'aventure tragique 'd'un jeune homme de JLvon , qui se jeta dans le Rhône en 1762, pour une infidèle qui n'en valait pas la peine.
Êglé , je jure à vos genoux Que s'il faut, pour votre inconstance} Noyer ou votre amant ou vous , Je vous donne la préférence*