‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 17 sur 175 · L£* FINANCES · texte numérisé non relu

L£* FINANCES

Le bourgeois fit à tous une humble révérence, Du meilleur de son cru prodigua l'abondance ; Puis il s'enquit tout bus quel était le seigneur Qui faisait aux bourgeois un tel excès d'honneur.

Je suis , dit l'inconnu > dans les fermes nouvelles, Le royal directeur des aides et gabelles. ...

Ah ! pardon , Monseigneur ! Quoi ! tous midêz le roi ?.. . Oui , l'ami. ... Je révère un si sublime emploi : Le mot d'aide s'entend : gabelles m'embarrasse. D'où vient ce mot ? . . . . D'un Juif appelé Gabetus. . . . * Ah ! d'un Juif ! je le crois. . . . Selon les nobles us Dé ce peuple divin , dont je Chérie la race , Je viens prendre chez, vous les droits qui me sont dus. J'ai fait quelques progrès par. mon expérience Dans l'art de travailler un royaume en finance. Je fais loyalement deux parts de votre bien : La première est au roi , qui n'en retire rien ; La seconde est pour moi. Voici votre mémoire. Tant pour les brocs de vin qu'ici nous avons bus ; Tant pour ceux qu'aux marchands vous n'avez point vendus, Et pour ceux qu'avec vous nous comptons encor boire. Tant pour le sel marin duquel nous présumons Que vous deviez garnir vos savoureux jambons, * Vous ne l'avez point pris, et vous deviez le prendre. Je ne suis point méchant, et j'ai l'âme assez tendre. Composons , s'il vous plaît. Payez dans ce moment Deux mille écus tournois par accommodement.

Mon badaud écoutait d'une mine attentive Ce discours éloquent qu'il ne comprenait pas ; Lorsqu'un autre seigneur en son logis arme , Lui fait son compliment , le serre entre ses bras : Que vous êtes heureux ! votre bonne fortune ,

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