‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 58 sur 142 · XXXV. A M. BERNARD · texte numérisé non relu

XXXV. A M. BERNARD

M a muse épique, historique, et tragique.

Sur un vieux luth qu’il faut monter toujours. S’eu va raclant quelque air mélancolique;

. Ton flageolet enchante les Amours.

Lorsqu’Apollon régla notre apanage Il nous dota de présents inégaux;

•T’eus les sifflets, les tourments , les travaux;

Toi ,les plaisirs. Garde bien ton partage.

•-* xxxyi.. A M. LOUIS RACINE.

vjher Racine , j 'ai lu dans tes vers didactiques * < De ton Jansénius les leçons fanatiques.

POÉSIES MELÉES. 167

Quelquefois j e t’admire, et ne te crois en rien.

Si ton style me plaît , ton Dieu n’est pas le mien :

Tu m’en fais un tyran, je veux qu’il soit un pere ; Ton hommage est forcé, mon cnlte est volontaire: Mieux que toi de son sang je reconnais le prix ;

Tu le sers eu esclave , et je l’adore en fils.

Crois-moi, n’affecte plus une inutile audace :

Il faut comprendre Dieu pour comprendre sa grâce. Soumettons nos esprits, présentons-lui nos cœurs; Et soyons des chrétiens , et non pas des docteurs.

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