‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 80 sur 142 · XCV. ' Ar M. l’abbé, depuis cardinal de Bernis · texte numérisé non relu

XCV. ' Ar M. l’abbé, depuis cardinal de Bernis

Votre muse vive et coquette, ,

Cher abbé , me paraît plus faite v Pour un souper avec l’Amour, •

Que pour un souper de poète.

Venez demain chez Luxembourg ,

Venez la tête couronnée De lauriers , de myrte , et de fleurs ;

Et que ma muse un peu fanée Se ranime par les couleurs ‘

Dont votre jeunesse est ornée.

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XCVI. A M. H...., anglais, qui avait comparé l’auteur au soleil.

L e soleil des Anglais c’est le feu du génie ,

C’est l’amonr de la gloire et de l'humanité ,

Celui de la patrie et de la liberté ;

Voilà leur Apollon, voilà leur Polymnie.

Le feu que Proinéthée au ciel avait surpris N’est point dans les climats , il est dans les esprits; Le Nord n’en éteint point les flammes immortelles, Par-tout vous en portez les vives étincelles.

Vous brillerez par-tout , dans la chaire , au sénat ; Vous servirez le prince, et beaucoup mieux l’état;

Et , né pour instruire et pour plaire,

Ce feu que vous tenez de votre illustre pere

A dans vous un, nouvel éclat.

HCVII. A Madame DE BOUFFLERS, en lui envoyant uu exemplaire de la Henriade.

"V os yeux sont beaux, mais votre ame est plus belle : .

Vous êtes simple et naturelle.

Et , sans prétendre à rien , vous triomphez de tous : Si vous eussiez vécu du temps de Gabrielle ,

Je ne sais pas ce qu’on eût dit de vous ,

Mais l’on n’aurait point parlé d’elle.

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