XCV. ' Ar M. l’abbé, depuis cardinal de Bernis
Votre muse vive et coquette, ,
Cher abbé , me paraît plus faite v Pour un souper avec l’Amour, •
Que pour un souper de poète.
Venez demain chez Luxembourg ,
Venez la tête couronnée De lauriers , de myrte , et de fleurs ;
Et que ma muse un peu fanée Se ranime par les couleurs ‘
Dont votre jeunesse est ornée.
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XCVI. A M. H...., anglais, qui avait comparé l’auteur au soleil.
L e soleil des Anglais c’est le feu du génie ,
C’est l’amonr de la gloire et de l'humanité ,
Celui de la patrie et de la liberté ;
Voilà leur Apollon, voilà leur Polymnie.
Le feu que Proinéthée au ciel avait surpris N’est point dans les climats , il est dans les esprits; Le Nord n’en éteint point les flammes immortelles, Par-tout vous en portez les vives étincelles.
Vous brillerez par-tout , dans la chaire , au sénat ; Vous servirez le prince, et beaucoup mieux l’état;
Et , né pour instruire et pour plaire,
Ce feu que vous tenez de votre illustre pere
A dans vous un, nouvel éclat.
HCVII. A Madame DE BOUFFLERS, en lui envoyant uu exemplaire de la Henriade.
"V os yeux sont beaux, mais votre ame est plus belle : .
Vous êtes simple et naturelle.
Et , sans prétendre à rien , vous triomphez de tous : Si vous eussiez vécu du temps de Gabrielle ,
Je ne sais pas ce qu’on eût dit de vous ,
Mais l’on n’aurait point parlé d’elle.