‹ Contes et Apologues Indiens. Tome SecondChapitre 31 sur 47 · FABLES · texte numérisé non relu

FABLES

lui fit sentir. « C’est le Si~siang-ki , s’écria l’aveugle.

— Gomment le savez-vous ? lui demanda ' le bachelier.

— C’est qu’il a , répondit l’aveugle , une certaine odeur de pommade et de fard. »

Le bachelier lui présenta ensuite le Sankoué-tchi (l’Histoire des trois royaumes) , le

lui fit sentir et lui demanda ce que c’était.

« C’est le San-koué-tchi^ dit l’aveugle.

— Comment le savez- vous?

— ■ Parce qu’il a une certaine odeur de

poudre de guerre *, repartit l’aveugle. »

Le bachelier était dans l’admiration. Il

lui présenta une de ses compositions et la

1. Çet ouvrage, qui est la lecture familière des hommes sérieux, est rempli de récits de batailles.

lui fit sentir. C’est, dit l’aveugle , un de vos élégants écrits.

— Comment le §avez-vous.^

C’est , dit l’aveugle , qu’il exhale une certaine odeur d’huile *. »

1 . C’est-à-dire qu’il paraît avoir coûté beaucoup de peine et de travail.

LE MAÎTRE o’ÉCOLE Et SON DISCIPLE.

Un' maître d’école avait l’babîtude de dormir dans le jour, et ne permettait pas à ses disciples d’en faire autant. Un écolier lui en ayant fait l’observation, il lui échappa de dire : « J’aime à voir en songe Tcheoukong * . » Le lendemain, l’écolier suivit son

l.'Tcheou-kong était le frère de l’empereur

qui fonda la dynastie des Tcheou^ï&n 1122 avant notre ère.

exemple. Le maître le frappa pour l’éveiller et lui dit :

« Gomment pouvez>vom dormir ainsi en plein jour.*' »

L’élève lui répondit : « J’étais seulement allé voir Tcheou~kong.

— Que vous a dit Tcheou kong? de- \ ’ manda le maître.

— Tcheou-kong^ m’a dit, repartitl’écolier, « Je n’ai point vu hier votre respectable ' « maître. »

hB MÉDECIN CELEBRE.

Le roi des Enfers envoya nn jour sur la • terre un démon qui faisait partie de ses satellites,. avec mission de lui chercher un médecin célèbre , et lui donna ainsi ses ordres ;

« Le médecin devant la porte duquel vous ne verrez aucune âme indignée d’avoir quitté la vie, c’est celui-là qu’il me faut*. »

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