‹ Contes et discours d'Eutrapel, de Noël Du Fail réimprimésChapitre 9 sur 29 · I 14 DE LA VEROLE · texte numérisé non relu

I 14 DE LA VEROLE

en guérir, qu'un peu de treffle à quatre fueilles mystiquement enveloppé en une procuration à resigner pure et simpliciter, pendue au col, et au reste se tenir sur ses gardes, suer, et faire que la femme, lorsque se fait l'assemblée et concurrence des semences, ouvre la bouche et ne retienne son haleine, d'autant qu'elle vous communiqueroit, fust elle bien saine, ceste belle marchandie, jusques au fin fond de la moûelle des os.

Éutrapel en voulut estre, disant qu'estant soldat à Turin, lors que le seigneur de Brissac y estoit lieutenant pour le roy, survint une autre et nouvelle maladie, pire cent fois que la vérole, plantée et apportée par une Padouanne, belle au possible, mais tellement infectée de vérole compliquée et assemblée à la ladrerie, et de laquelle le bruit estoit avoir esté appellée et louée par deux ou trois coquins et affamez barbiers, que, l'ayant attouchée unico vocis oraculo, et de prés, ne se trouvoit autre et plus promt remède que se faire vistement couper le bout du laboureur dénature; autrement, en douze heures, le reste du membre estoit estiomené et perdu. Et au raport de Pacuvin, médecin, et du capitaine Launay Perraud, fut seu que- plus de deux cens y avoient laissé part, la teste de l'instrument, le tout, ou la moytié , ainsi qu'ils avoient prins la

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