MADAME MIN UT IN
Soit.
M. MINUTIN.
Ah ! que je vais bien morguer mes confrères.
M. BORDEREAU
N'allez pas garder minute de cet acte-là, au moins. Pour peu qu'une bourgeoise fût passable, elle aurait bien l'ambition de parvenir aux honneurs du tabellionnat. Au reste, monsieur Minutin, mon ami, comptez toujours sur moi. Il faut qu'au premier jour j'aille saus façon manger votre gigot.
M. MINLTIN.
Nous ne vous ferons pas l'atlront de vous faire manger avec les clercs.
Quand tout fut arrangé de la manière que je viens de le dire, il était une heure après minuit, ce qui fit que M. Bordereau demanda la carte, qu'il paya tout de suite sans marchander. Madame Dubois lui demanda si c'était lui ou ce monsieur qui payerait les débris des bouteilles, des verres et des assiettes cassées. — Plaisante gueuserie, dit M. Bordereau, pour en aller étourdir la tête de cet honnête homme ! Combien faut-il pour tout cela? — Eu conscience, répondit madame Dubois, cela vaudrait cinquante
francs pour un autre ; mais, comme c'est vous qui pavez, je me contenterai de deux louis, et c'est le prix courant; vous concevez bien que je ne gagne rien là-dessus.
M. Bordereau allonge deux louis, on monte dans l'équipage, et je remène tout le monde, chacun chez eux.
Du-depuis, j'ai .souvent mené madame Minutin et AI. Bordereau à sa petite maison au faubourg Saint-Antoine, où M. Minutin venait les trouver le soir, jusqu'à ce qu'un beau matin, mon bourgeois fit un trou à la lune, dont il a emporté à mon maître près d'un mois de louage de son remise, et ce qu'il me donnait pour boire.
Je crois que M. Minutin l'est allé trouver; car il a déménagé sa boutique, si tellement, qu'il n'y a laissé que des paperasses.