LE CUVIER
Du cabaret , juflemenr, j u Renient. . .
C’eil dire encor ceci bien clairement.
On le maudit : nos gens font fort en peine: Tout ce qu’on put, fut de cacher l’Amant:
On vous le ferre en hâte &c promptement Sous un Cuvier , dans une cour prochaine. Tout en entrant l’Epoux dit: j’ai vendu Notre cuvier. Combien ? dit Madame Anne: Quinze beaux francs. Vas , tu n’es qu’un gros âne , Repartit-elle , & je t’ai d’un écu Fait aujourd’hui profit par mon adreffe 3 L’ayant vendu fix écus avant toi.
Le Marchand voit s’il efl de bon, aîoi ,
Et par dedans le tâte piece à piece,
Examinant fi tout efl comme il faut ,
Si quelque endroit n’a point quelque défaut. Que ferois^tu, malheureux , fans ta femme? Monfieur s’en va chopinant , cependant Qu’on fe tourmente ici le corps & l’ame :
Il faut agir fans ceffe en l’attendant.
Je n’ai goûté jufqu’ici nulle joie :
J’en goûterai déformais , attens-t’y.
Voyez un peu : le galant a bon foie.
Je fuis d’avis qu’on laifïé à tel Mari Telle moitié. Doucement notre Epoufe,
Dit le bon homme. Or fus , Monfieur , fortez . Çà que je racle un peu de tous cotés ,
Votre Cuvier , & puis que je l’arroufe ;
Par ce moyen vous verrez s’il tient eau ;