LA COUTURIERE
ee mme 25 fe nee LA COUTURIERE.
Par M. AUTEREAU.
| ERTAINE Sœur dans un couvent, Avoit certain amant en ville, Qu'elle ne voyoit pas fouvent ; a chofe, comme on fçait, eft aflez dificile.
Tous deux euflent voulu qu’elle l'eût été moins; Tous deux à s’entrevoir apportoient tous leurs foins : Notre Sœur en trouva le fecret la premiere:
Nonnettes en ceci manquent peu de talent.
Elle introduifit le galant Sous le titre de couturiere, Sous le titre & l’habit aufh.
Le tour ayant bien réuffi, Sans caufer le moindre fcrupule ;:
Nos amans eurent foin de fermer la cellule, Et paflerent le jour aflez tranquillement , A coudre , mais dieu fçait comment.
La nuit vint; c’étoit grand dommage, Quand on a le cœur à louvrage:
11 fallut le quitter : adieu , ma Sœur, bon foir, | Couturiere jufqu’au revoir ; Et ma fœur fut au réfettoire,
Un peu tard, & c’eft-là le fâcheux de Phiftoire,
2828 LA CoOUTURIERE.
L’abbeffe l’apperçut , & lui dit en COUTrOUX ; Pourquoi donc venir la derniere ?
Madame , dit la Sœur , j’avois la couturiere, Vos guimpes ont donc bien des trous , Pour la tenir une journée entiere ?
Quelle befogne avez-vous tant chez vous , Où jufqu'au foir elle foit néceflaire ?
Elle en avoit encor, dit-elle , pour veiller. Au métier qu'elle a fait, on a beau travailler ; On y trouve toujours à faire.
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LE GASCO N;,
Par le méme Auteur.
Ÿr foupçonne fort une hiftoire , .
Quand le héros en eft l’auteur.
L'amour propre & la vaine gloire
Rendent fouvent l'homme vanteur.
On fait toujours. fi bien fon compte ,
Qu'on tire de l'honneur de tout ce qu'on racontés
A ce propos un Gafcon l’autre jour,
‘A table, au cabaret, avec un camarade, De gafconnade en gafconnade, Tomba fur {es exploits d'amour.
Dieu fçait fi là -deflus il en avoit à dire.
Une grofle fervante à quatre pas de là, Prêtoit l'oreille à tout cela,
Et faifoit de fon mieux pour s'empêcher de rire,
A l'entendre conter il m’étoit dans Paris,
De Cloris, Dont il ne connût la ruelle, Dont il n'eût eu quelques faveurs.
Son air étoit le trébuchet des cœurs.
Il aimoit celle-là, parce qu’elle étoit belle; Celle - ci payoiït fes douceurs,
Il avoit chaque jour des garnitures d'elle,