‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 48 sur 73 · LE T'AB'L'E LE · texte numérisé non relu

LE T'AB'L'E LE

Di-moi pourquoi ce Ruftre aflis, Sans peine de fa part, &trèsfortà fon aife , Laiffe le foin de tout aux amoureux foucis De fœur Claude & de fœur T'erefe.

N’auroit-il pas mieux fait de leur donner la chaïfe? Il me femble déja que je vois Apollon Qui me dit, tout beau; ces matiéres A fonds ne s’examinent guéres.

J'entens; &l amour eft un étrange garçon.

J'ai tort d’ériger un fripon En Maître de cérémonies.

Dès qu’il entre en une maïfon, Régles & loix en font bannies, Sa fantaifie eft fa raifon ; Le voilà qui rompt tout; c’eft aflez fa coûtume. Ses yeux font violens. À terre on vit bien-tôt Le galand Cathedral; ou foit par le défaut De la chaife un peu foible; où foit que du pitaud Le corps ne fût pas fait de plume ; Ou foit que fœur T'erefe eût chargé d’aétion Son difcours véhément, & plein d'émotion; On entendit craquer l’amoureufe tribune.

Le Ruftre tombe à terre en cette occafion.

Ce premier point eut par fortune Malheureufe conclufion.

Cenfeurs, n’approchez point d’ici vôtre œil profane.

Vous gens de bien, voyez comme fœur Claude mi Un tel incident à profit.

T'erefe en ce malheur perdit la tramontane.

| Claud

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Claude la débufqua, s’emparant du timon.

Terefe pire qu’un demon Tâche à la retirer, & fe remettre au trône; Mais celle-ci n’eft pas perfonne À céder un pofte fi doux.

Sœur Claude, prenez garde à vous; T'erefe en veut venir aux coups; Elle a le poing levé. Qu’elle ait. C’eft bien répondrés Quiconque eft occupé comme vous, ne fent rien. Je ne m'étonne pas que vous fçachiez confondre Un petit mal dans un grand bien.

Malgré la colere marquée Sur le front de la débufquée, Claude fuit fon chemin, le Ruftre auffi le fien ; T'erefe eft mal contente & gronde.

Les plaifirs de Venus font fources de débats. Leur fureur n’a point de feconde.

J'en prens à témoin les combats Qu’on vit fur la terre & fur l’onde, Lorfque Paris à Menelas Ota la merveille du monde.

Quoi que Bellone ait part ici, J'y vois peu de corps de cuiraffe.

Dame Venus fe couvre ainfi, Quand elle entre en champ clos avec le Dieu de Thrace. | |:

Cette armure a beaucoup de grace.

Belles, vous m’entendez: Je n’en dirai pas plus: L’habit de guerre de Venus

Cha Eft

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