‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 56 sur 73 · LE FLEUVE · texte numérisé non relu

LE FLEUVE

De traits moins forts, & déguifans la chofe ;. Car après tout, je ne veux être caufe D’aucun abus: que plütôt mes écrits Manquent de fe, & ne foient d’aucun prix!

Si dans ces vers j’introduits & je chante Certain trompeur & certaine innocente, C'’eft dans la veuë & dans l'intention

Qu'on fe mefñe en telle occafion:

J'ouvrel’efprit, & rends le fexe habile

A fe garder de ces pieges divers.

Sotte ignorance en fait trebucher mille, Contre une feule à qui nuiroient mes vers.

J'ai 1à qu’un Orateur eftimé dans la Grece Des beaux Arts autrefois fouveraïne Maîtrefie, Banni de fon pays, voulut voir le fejour Où fubfiftoient encor les ruïnes de Troye; | Cimon, fon camarade, eut fa part de la joye. | Du débris d’Ilion s’étoit conftruit un bourg Noble par fes malheurs; 1à Priam & fa Cour N'étoient plus que des noms, dont le Temps fait f&

proye.

lion, ton nom feul a des charmes pour moi; Lieu fecond en fujets propres à nôtre emploi, Ne verrai-je jamais rien de toi, ni la place De ces murs élevez & détruits par des Dieux, Ni ces champs où couroient la fureur & l’audace, Ni des temps fabuleux enfin la moindre trace, Qui pût me prefenter l’image de ces lieux ?

Pour revenir au fait, & ne point trop m’étendre, Cimon :

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