n'y a rien que des herbes médicinales
HAN-KIOUÉ.
N'y aurait-t-il pas encore autre chose de cache?
tching-ing.
Il n'y a rien aulre chose de cache.
HAN-KIOUÉ.
Va-t'en.
( Tching-ing se sauce avec précipitation . liant kioué le rappelle. )
Tching-ing, reviens ici : il y a là-dessous quelque chose de louche. Quand je te dis : va-t'en ! tu voles comme la flèche échappée de l'arc; quand je le dis: reviens, on dirait un crin qui traîne sur un tapis de laine. Dis-moi, Tching-ing, crois-tu que je ne te connais pas?
(77 chinte sur l'air : lîo-si-heou-ting-hoa. ) « Tu es un ancien hole de la maison de Tchao- « tun ; moi, je suis attaché au service de Tou-'an- « kou. Je vois bien que tu as caché ce petit rejet< ton de Ki-lin, qui n'a pas encore un mois. »
( // parie. )
Tching-ing, vois-tu ce palais?
( Il chante sur le même air. )
« Comment sortiras-tu de celle caverne de tigre a et de léopard, où l'air même ne peut pénétrer? « Si je n'étais pas un général soumis à Tou-'an-
« kou , je ne t'interrogerais pas d'une manière si
« pressante.»
( II parle. )
Tching-ing, je pense que tu as reçu de grands bienfaits de la maison de Tcliao.
TCHING-ING
« Tout homme qui a reçu des bienfaits doit v « répondre par des bienfaits.» Gela va sans dire.
han-kioue. ( Il parle.) Si Tou-'an-kou voyait ce petit orphelin?
(77 chante.) «N'est-il pas à craindre qu'il ne lui arrache la « peau et les nerfs, et qu'il ne l'écrase comme a de la farine pétrie? Ce n'est pas moi qui lui <, rendrai cet horrible service.»
( Il parle. ) Tching-ing, emporte cet enfant. Si Tou-'an- \o\i m'interroge ? je parlerai pour toi.
TCHING-ING
Je vous remercie, général.
( // prend la boite et court précipitamment ; puis il revient et se jette aux genoux de Han-kioué. )
HAN-KIOUÉ.
fching-ing, je t'ai dit de t'en aller. Crois-tu que je me moque de toi? Pars vite.
TCHING-ING
Je vous remercie , général.
( 7/ s'en ça précipitamment , revient de nouveau sur ses pas , et se jette aux genoux de îlan-kioué.
HAN-KIOUÉ.
Tcliing-ing, pourquoi revenir une seconde fois ?
( // chante. )
« Que tu es aveugle ! que tu es aveugle 1 Emporte le petit orphelin, et va le cacher dans une retraite bien reculée, bien profonde. Instruis-le jusqu'à ce qu'il soit devenu grand, et éclaire-îe sur ses devoirs. Qu'il cultive les lettres et qu'il s'exerce à l'art de la guerre. Quand il « sera capable de commander une armée, qu'il « saisisse ce scélérat de Tou-'an-kou, qu'il lui <ç brise la tête , et qu'il le déchire en mille pièces, « pour venger la mort de ses parens. Il aura salis- « fait ma fureur et la tienne ; il aura soulagé une « famille entière d'un grand poids de haine et
« d'indignation ! »
(Il parle. )
Tching-ing, pars vite, et bannis tes craintes.
(77 chante sur l'air de Tsan-cha-ivei. ) « Il dépend de moi de le laisser aller. Si l'on « me demande une explication nette et précise , « comment consentirais-je à le trahir? Mais je III. j
« crains que ce brigand n'emploie les tortures
« pour m'arracher la rente. Eh bien, je vais me
« donner la mort, en me brisant la tète contre
« ces degrés. Toi , veille nuit et jour sur ce petit
« orphelin. Il faut que ce frêle rejelon fasse revivre
« un jour la maison de Tchao ; et quand il sera
« grand, raconte -lui mon dévouement et mes
« bienfaits.» (// se coupe la gorge.)
TCHING-ING
Hélas! le général Han-kioué vient de se donner
la mort.
( 17 chante. )
« Homme fidèle et vertueux! Il vient de se « tuer lui-même pour ne point trahir l'orphelin. « Je puis maintenant partir avec l'a me tranquille. « Je vais me retirer dans la ferme de Taï-ping, « et là je délibérerai sur ce que je dois faire. >}