‹ Contes et romans alsaciensChapitre 53 sur 62 · L'EXILE · texte numérisé non relu

L'EXILE

Tout est resté Français de coeur et d'espérance ! Croyez-moi bien, Laurent, ù part quelques bandits Dont les noms parmi nous seront toujours maudits, Tout se redresserait à l'appel de la France. Mais quand entendrons-nous le cri de délivrance?...

Quand, du fond des vallons remontant jusqu'à nous, Le tonnerre lointain dira-t-il : «Levez- vous!... « LaFrance arrive !... .Vllons, courez à sa rencontre.. 1 Voici vos exilés... Debout!... Lovez-vous tous...

I Que tout cœur patriote à cet instant se montre... »

Oui, quand?... En attendant, l'ennemi sous sa mnin -Nous courbe jusqu'à terre et quelquefois nous brise. Et sa plus grande force est ce qui vous divise ! Vos luttes de partis font rire lo Germain;

II compte en profiter pour prendre le chemin

De la Champagne, ou bien de la riche Bourgogne, Et vous les arracher peut-être en quelques jours ! A quoi vous serviront alors tous les discours

De votre ordre moral et sa triste besogne".'... La France ne sera qu'une grande Pologne.

Ah ! t|uc vous seriez forts, si vous étiez unis D^ms l'amour do la France et de la République; Si vous ne pensiez tous qu'à la chose publique, .V vos frères captifs, à vos drapeaux ternis... Les rêves du Teuton seraient bientôt finis.

Mais avant la patrie, on met ses privilèges,

Son roi, son prétondant, ou son ambition...

On pousse le pays à la division,

Quand les gens de Bismarck, embusqués dans leurs

Le fusil à la main, guettent l'occasion I » [pièges.

Ainsi parla le juif. Et puis dans le silence Nous retombâmes tous, rêvant à nos malheurs, Al'.Vlsace-Lorraine... à notre décadence... A la grandeur passée !... et criant dans nos cœurs : a Français, unissons-nous!... Français, sauvons la

[France!...»

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