‹ Contes et romans de l'Égypte chrétienneChapitre 34 sur 40 · Z ^V'TP* 'H · texte numérisé non relu

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Le lendemain, ils se levèrent, se rendirent à la ville, achetèrent des parfums et des suaires; ils les apportèrent, en revêtirent le corps du saint Georges, ils trouvèrent la tête adhérente au corps comme chez un vivant, sans qu'il y eût aucune trace du coup d'épée. Les serviteurs furent dans un grand étonnement; ils crurent de tout leur cœur que Dieu l'avait reçu à lui et que tout ce que Dieu, lui avait dit pendant sa Vie s'accomplirait en réalité; ils l'enveloppèrent de parfums; ils préparèrent le cadavre comme il faut, selon la coutume des gens de leur pays ; ils en prirent grand soin, ils le placèrent dans le tombeau qu'ils scellèrent en y apposant des sceaux. Syncratos fut laissé au dehors pour veiller; les deux autres entrèrent à la ville et travaillèrent pour gagner leur vie. et amasser le prix du passage , afin d'embarquer le corps saint et de retourner dans leur pays. Après deux mois, il arriva que, comme ils travaillaient,' Dieu leur envoya une barque de Joppé; ils s'y rendirent avec de la marchandise et le corps du saint Georges. Grâce au secours de Dieu, ils arrivèrent vite à Joppé. Lorsque les matelots et le marchands apprirent que c'était le

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corps de Georges, le soldat de Diospolis, qui était allé au pays des Perses, ils admirèrent grandement la manière dont il était devenu martyr; ils se levèrent tous, ils l'adorèrent, rendant gloire à Dieu d'avoir été jugé dignes d'embarquer avec eux le saint Georges. L'un d'entre eux, nommé Léontinos, originaire de Joppé, qui connaissait le saint Georges, amena une bête de somme, y chargea le corps du saint pour le conduire à sa maison. Lorsqu'on l'eut introduit en sa maison, on trouva que la mère et la sœur du saint étaient mortes. La nouvelle se répandit bientôt qu'on avait amené en sa maison te corps du saint Georges, qui avait été martyr et que l'on n'avait pas vu depuis sept ans; car c'étaient des gens chrétiens. Ils se prosternèrent pour l'adorer, pleurant, admirant ce qui lui était arrivé. Ils se réjouirent ensuite, rendant gloire à Dieu d'avoir été jugés dignes d'un tel présent. Syncratos et les deux autres serviteurs, dont l'un se nommait Lucios et l'autre Cyrinneos, racontèrent aux hommes de la ville tout ce qui était arrivé à leur maître, et tous étaient dans l'admiration. On laissa le corps du saint Georges dans l'une des chambres de

sa maison pendant une semaine de jours :

tous venaient et l'y adoraient. Lorsqu'arriva un grand jour de fête, ils se réunirent tous à l'église, on lut son martyre au peuple entier des fidèles. Alors ils admirèrent encore davantage tout ce qui lui était arrivé, ils rendirent gloire à Dieu et à son saint martyr. Et voici qu'un grand et très riche personnage de la ville, nommé André, de la même famille que la mère du saint Georges, ayant entendu le martyre qu'on lisait, Dieu lui ouvrit le cœur ; il réfléchit au passage où Dieu avait apparu au saint et lui avait parlé en disant : « Je le jure par moi-même, à tout homme qui confessera tes souffrances, il n'arrivera aucun mal, car je sais qu'ils sont chair et sang ; à tout homme qui se trouvera dans une détresse quelconque, il n'arrivera aucun mal, soit dans le lieu terrible de la justice, soit dans des eaux nombreuses, soit sur une montagne, soit en toute tribulation; s'il fait souvenir de mon nom, du nom de mon Père qui est dans les cieux et du Saint- Esprit, s'il fait souvenir de mon serviteur Georges, je le sauverai de toute tribulation. Quiconque écrira ton. martyre et tes prodiges, afin de manifester ta gloire et les spuf-

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frances que tu as endurées pour mon nom,

j'écrirai son nom dans le livre de vie. Celui \$$

qui fera une. offrande ou une aumône en -^

ton nom, qui écrira un livre à ses propres \>-{<

dépens pour, le donner à ton église, on le -y, i

comptera au nombre de mes saints et je ne le

laisserai manquer d'aucun bien en ce monde,

tant qu'il vivra : c'est moi le Seigneur Dieu ;

ce que j'ai dit, je le ferai. Celui qui bâtira

une église en ton nom, je le ferai entrer

dans mon royaume, je ne l'oublierai jamais.

Je ferai que de grands prodiges aient lieu

en l'endroit où l'on aura déposé ton corps.

Je ferai que les peuples de la terre aillent

en ton église, qu'ils t'apportent des présents ;

toutes les nations de la terre, les Juifs et les ,

Samaritains, les Perses et les enfants d'EsaU,

jusqu'aux barbares, je les ferai toutes venir

à ton église et te porter des présents. »

Or, André, l'homme fidèle et aimant Dieu en vérité, lorsqu'il entendit énumérer toutes ces grâces que Dieu accordait au saint, il en conçut une grande joie, comme Jacob lorsqu'il vit le visage de son fils Jacob qui régnait sur l'Egypte. Il se leva en hâte, il écrivit le martyre du saint, il le plaça dans sa maison disant : « Je placerai aussi en

ma maison le souvenir de mon frère, afin que sa faveur et sa bénédiction soient continuellement avec moi pour l'éternité. » Puis il adressa la parole à une grande foule en disant : n Mes frères, puisque nous avons éprouvé une grande peine au sujet de noire frère que l'on a mis à mort par l'épée, réjouissons-nous maintenant encore davantage, car il a reçu de grands honneurs dans le cîel. Vraiment, il peut intercéder pour nous pics de Dieu, celui qui en toute franchise a parlé face-à-face avec Dieu, afin que misé- :orde nous soit faite et que secours nous soit donné en ce monde et dans l'autre.

Maintenant, mes frères, allons, écoutez- moi : bâtissons en son nom une petite église, plaçons-y son corps afin que sa bénédiction et sa laveur soient éternellement avec nous. ■ — Tout le peuple répondit d'une seule voîï ; « Puisse être ce que tu dis! Si tu mets la main à l'ouvrage, nous la mettrons aussi afin que la bénédiction du saint Georges soit avec nos enfants et qu'il bénisse noire ville à jamais. » Lorsqu'André entendit ces paroles, il arriva qu'il se réjouît grandement, il se leva dès le matin, il fit venir tous ses serviteurs et ses ouvriers ainsi que les servi-

teurs du saint Georges, il démolit les murs et les maisons du saint Georges, il dit : « Je ne laisserai point le corps de mon frère sur une terre étrangère qui n'est pas la sienne. • D'autres gens de la ville lui donnèrent la main pour travailler au lieu saint. 11 fit porter le corps du saint Georges dans l'église, jusqu'à ce qu'il eût déblaye l'endroit pour y jeter les fondements de l'église. 11 lit répandre delà paille ' selon les dimensions d'une petite église qu'il devait bâtir d'après ses

Son martyre * fut achevé lorsqu'il eut construit l'église, le sixième jour du mois d'Athar. Que le Seigneur ait pitié du pécheur qui a écrit : ^sh

Premier prodige du saint Georges.

André, celui qui avait entrepris d'élever l'honneur du martyre du

i. Le texte doit etra fautif: il dev murtyrton, monument martyrial TOME II.

saint Georges était couché en cette nuit, pensant en lui-même : ses pensées étaient diverses en lui-même % et il se disait : « J'ai fait trop grande cette construction. Jusqu'à présent je n'ai vu personne qui me donnât la main. Je ne sais pas si je pourrai Tachever, oui ou non. Je crains que les gens ne se moquent de moi en disant : Cet homme à commencé une construction et n'a pu l'achever, ainsi que Ta dit Notre-Seigneur. »

Comme il pensait ces choses en son cœur, couché sur son lit, le sommeil le saisit, il perdit connaissance. Le saint Georges lui apparut dans une vision et lui dit : « André, André, reconnais-moi. » — Mais lui, il dit : « Qu'y a-t-il, mon Seigneur? » — Il lui dit : « Ne sais-tu pas qui je suis ?» — André dit : « Non. » Mais lorsqu'il le reconnut en la vision, il fut troublé, il se leva, se jeta à ses pieds, l'adora en disant : a Es-tu vivant toi aussi, Georges mon seigneur ?» — Le saint Georges lui dit : « Grâces soient rendues à Dieu ! mon corps est près de vous ; mais je vis en Dieu par le Saint- Esprit. Maintenant j'ai vu qu« tu étais dé-

i . C'est-à-dire qu'il était troublé.

courage, que tu pensais à l'église que tu as entrepris de bâtir en mon nom pour y placer mon corps, je suis venu à loi pour l'apprendre où se trouve un trésor de nos pères, afin que tu le dépenses pour l'église.

Prends courage, ne sois pas découragé, j'inspirerai aux hommes de ta ville la résolution Je te prêter la main. Lève-toi, suis-moi afin que je fasse une marque sur la terre, dans la chambre de ma maison que tu as détruite et où tu avais de'posé mon corps en premier lieu avant de le placer dans l'église. » André fit comme s'il se levait et s'il le suivait. Le saint Georges fit comme s'il l'introduisait en ia chambre de sa maison, il lui montra l'endroit qu'il avait marqué de son doigt; il lui dît : • Demain matin, lorsque tu te seras levé, viens en ce lieu, fais-y un trou profond d'une coudée ; tu trouveras la bénédiction que le Seigneur t'a destinée.

Lorsqu'il fut éveillé de ce songe, André réveilla sa femme, il lui raconta tout ce qu'il venait de voir dans sa vision. Ils furent dans un grand étonnement. Sa femme lui dit : « Lève-toi dés cet(e nuit, allumons une lampe, allons à l'endroit qu'il t'a dit, afin que tu voies si nous ti

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la marque, ou non. Si nous trouvons la marque telle que tu l'as vue dans ta vision, c'est vraiment le saint Georges qui t'est apparu face-à-face et nous serons assurés de trouver ce tre'sor, comme il te Ta dit. » Ils se levèrent tous les deux, ils allumèrent une lampe : la femme la tint élevée ; quant à lui, il prit une pioche dans sa main. Ils se rendirent à l'endroit dit, au milieu de la nuit. Lorsqu'il regarda la terre, il trouva la marque faite par le doigt du saint pendant la vision; ils crurent de tout leur cœur que c'était le saint Georges qui l'avait faite. Le courageux André se leva, il ceignit un linge autour de ses reins ', il prit une pioche- dans sa main, il creusa la terre. Lorsqu'il eut creusé un peu profondément, il trouva un vase dont l'ouverture était couverte de rouille; i il creusa, il le tira sans l'avoir cassé. Ce- J pendant ils se jetèrent sur leur visage, ils adorèrent Dieu et le saint Georges. Ensuite ils se levèrent, ils se chargèrent du vase, ils se rendirent à leur maison en glorifiant

1. C'est encore la coutume des fellahs qui piochent; ils quittent d'abord leurs habits et se ceignent d'une sorte de pagne.

Dieu. Ils allumèrent une lampe. Pour lui, il déboucha le vase, il le trouva rempli d'or jusqu'à l'ouverture. Ils se levèrent, se jetèrent sur leur visage, adorèrent Dieu et le saint Georges, pour la grande grâce qu'il leur

Mais l'homme tira environ les deux tiers des pièces d'or pour achever l'église ; il referma le vase, il le cacha dans sa maison.

Lorsque le jour parut, il voulut donner une fête à la ville entière en l'honneur du saint Georges; il se dit en son cœur : ■ Ce qu'il faut, c'est de donner tout d'abord les prémices au Seigneur. ■ Il fît un grand festin à tous les pauvres de la ville, aux infirmes, aux veuves et aux orphelins; il se mît à les •servir, il se réjouit avec eux tous. Le lendemain il invita tous les grands personnages de la ville, il leur fit une autre grande fête en l'honneur du saint Georges; il se mita table avec eux pour se réjouir en leur compagnie de la faveur que le Seigneur lui avait accordée. Lorsqu'ils furent au milieu du repas, il se leva, il leur parla en disant :

• Mes frères, est-ce que Dieu n'a pas mis en votre cœur le désir de m'aider, de me donner quelque chose, chacun selon ses moyens.

afin que nous fassions élever en notre ville cette grande bénédiction dont Dieu nous a rendu dignes en notre génération, que nous bâtissions le monument commémoratif du martyre du saint Georges en notre ville? »

— Ils répondirent tous d'une seule voix :

« Nous te répétons et te disons que nous ferons selon nos moyens ; avec la volonté de Dieu, nous irons te trouver et ce que chacun croira dans ses moyens, il te le fera. »

Alors tous, depuis les plus petits d'entre eux jusqu'aux plus grands, ils payèrent quelque chose entre les mains de celui qui était venu au nom du Seigneur, ils trouvèrent deux mille pièces d'or et mille deniers d'argent, le tout selon les ressources de chacun.

Ensuite André se rendit à l'endroit où l'on devait bâtir en l'honneur du saint Georges; on posa les fondements au nom de Dieu et du saint Georges ; on bâtit bellement l'église pendant trois mois entiers ; on alla chercher le saint évêque de Jérusalem, qui la consacra. O que de prodiges il y eut en ce moment! Combien d'hommes furent guéris de leurs maladies ! Quelles foules d'esprits impurs sortirent au nom du saint Georges, le martyr du Christ 1

i . C'est le s a ne tus que l'on répète par trois fois ; mais le trisagion grec est plus développé que le sanctus latin.

2. 11 est évident par ce passage que parmi les diverses manières dont on pouvait être possédé, être lunatique était

Deuxième prodige du saint Georges, le saint martyr.

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Il arriva, lorsque le saint évoque eut con- 4

sacré réglise du saint Georges, comme il élevait l'offrande, qu'un homme dans lequel depuis son enfance se trouvait un esprit impur, entra aussi dans l'église : le démon le g$*j jetait à terre, le faisait grandement souffrir W'ïi et se rouler : sa bouche écumait. Cet homme IW! entra donc aussi; il se tint debout au milieu du peuple, voulant lui aussi être béni avec la foule. Mais il advint qu'au moment où l'on chantait le trisagion \ il fut précipité à terre, il se roula et sa bouche écumait. Il se >l

leva, se tint debout en présence de la foule ; il s'écria en disant : « Qu'as-tu à faire avec moi, ô saint de Dieu? Je sais qui tu es; tu rie me feras pas sortir de cet homme, car moi, je suis un lunatique 2 et tu n'as aucune

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force contre moi, ô' saint Georges. » Puis il commença de proférer des blasphèmes contre Dieu et le saint Georges, pendant que le saint Georges lui faisait endurer de grands tourments. Il arriva au pied d'une colonne.

Alors le saint Georges lui attacha les mains derrière le dos et l'enleva au sommet de la colonne : les mains du possédé étaient attachées de bas en haut, de son dos à sa tête ; il se tenait en haut du chapiteau de la colonne : chacun le regardait avec étonnement et disait : a Nous n'avons jamais rien vu de semblable ; car le dos de cet homme touche à la colonne et ses mains sont attachées derrière son dos sans aucune corde ; par deux fois, il s'est suspendu à la colonne sans aucun soutien. Nous n'avons jamais vu semblable miracle de la part d'aucun martyr ; mais c'est le saint Georges qui a saisi le corps de cet homme pour le torturer. » Et chacun le regardait, rempli d'étonnement à son sujet, rendant gloire à Dieu et au saint Geor-

l'une des plus nobles. Je ne sais pas quelles prérogatives étaient attachées à cette dignité ; mais le sens du mot est certain ; c'est le mot employé dans saint Matth., iv, 24 et xvn, i5.

MERVEILLES DU SAINT GEORGES 221 Mm\

ges, le vaillant martyr de notre Seigneur o;S[

Jésus le Christ. |||

Après cela, le saint Georges le mit à terre : K|,

l'homme tomba du sommet du chapiteau de $t [ J

la colonne; il tomba à terre, perdit connaissance, si bien que chacun disait qu'il était mort. Lorsqu'on eût donné la paix, tout le peuple se précipita vers lui, rempli d'étonnement à son sujet ; car il ressemblait à un mort. Il y avait un homme boiteux dès le ventre de sa mère; il ne marchait jamais, mais il restait assis demandant l'aumône à' la porte de l'église ; en *ce moment il entra avec la foule, en rampant sur ses mains et ses genoux : ses pieds traînaient derrière lui. Il se traîna donc sur ses genoux, ce boiteux, jusqu'à ce qu'il fût arrivé près de l'homme démoniaque. Celui-ci étendit sa main, il saisit le cou du boîteux; on se précipita pour l'arracher des mains du démoniaque. Les pieds du boîteux firent entendre un fort craquement : ils furent redressés sur le champ. D'autres gens firent lâcher son cou au démoniaque ; ils voulaient le faire s'en aller et lui disaient : « Dépêche-toi, va-t^-en. » Il se leva tout troublé, il se tint debout : ses pieds étaient consolidés. Il se hâta de sortir

et s'en alla. Ceux qui le connaissaient lui faisaient signe; personne ne le soutint jusqu'à ce qu'il fût sorti sur la place de l'église. L'évêque ordonna de le lui amener, ainsi que l'homme possédé du démon. Le démoniaque prit la parole en disant : « Accordemoi, mon père saint, la permission de dire ce que j'ai vu. Depuis mon enfance jusqu'à ce jour, il y a eu en moi un démon : je ne l'avais jamais vu de mes yeux avant ce jour ; mais chaque fois, qu'il était sur le point de me saisir, je voyais devant moi un feu, je tremblais, je tombais à terre, je perdais connaissance jusqu'à ce que le démon s'en allât, qu'on vînt à moi et qu'on me relevât II est advenu cette fois que, lorsqu'il s'est emparé de moi, j'ai perdu connaissance, j'ai vu le saint Georges, entrer dans le sanctuaire, il m'a pris par la main et m'a encouragé. Aujourd'hui j'ai vu ce démon de mes propres yeux, sous la forme d'un homme qui se tenait debout devant moi : le saint Georges lui faisait endurer de grands tourments. Il l'a saisi, il l'a fait monter sur la colonne jusqu'à ce que ce démon fût parvenu au sommet du chapiteau, et il lui a fait endurer de grandes souffrances. Enfin le démon s'est

MSRVEILLBS BU SAINT GEORGES 2i'i

écrie d'une grande: vois, en lui faisant des serments et en lui disant : * Je m'en irai, je ne reviendrai jamais 1 » J'ai vu alors le saint Georges, qui l'a saisi, l'a porté en haut, puis l'a lancé en bas sur les dalles, et le démon a poussé un grand cri en tombant; il est sorti de moi, il s'en est allé. Quant à moi, j'ai connu que j'étais soulagé dans mon corps ; je me suis endormi, je me suis réveillé et je n'ai vu personne jusqu'au moment où cet homme boiteux m'a regardé. Lorsque j'ai ouvert les yeux, j'ai vu le saint Georges qui a saisi mes mains et les a liées autour du cou du boiteux; il m'a lait signe en me disant : « Tiens-le comme il faut. » Et moi, je lui ai saisi le cou, je lui ai secoué la tête. Le saint Georges a saisi ses pieds, les a tirés et les pieds du boiteux ont craqué fortement, ils se sont étendus; le saint m'a fait signe, j'ai lâché le cou et le boiteux s'est levé, s'en est allé en courant, puis le saint Georges est monté dans les cieux pendant que je le regardais. »

Lorsque l'archevêque et toute la foule qui l'entourait eurent entendu ces paroles, ils furent dans un grand étonnement d'une aussi grande merveille ; ils rendirent gloire à Dieu

et au saint Georges car elle était graitde,.sa puissance, ainsi que la faveur que Dieu leur avait faite par son entremise. Les hommes qui avaient été guéris devinrent serviteurs diras l'église du saint Georges, y servant nuif et jour, jusqu'au jour de leur mort. Des foutes J'hommes, de femmes, de petits enfants.

..d'une foule de manières, de la vre, de fraîcheurs, d'esprits impurs, fureni guéris en ce jour dans l'e'glisedu saint Georges au nom de Notre-Seigneur Jésus le'

Troisième prodige du saint Georges^ le saint martyr.

Il advint que lorsque l'archevêque s'en alla avec ceux qui l'accompagnaient, ils parlèrent des miracles et des prodiges qui avaient été opérés par le saint Georges au milieu du peuple. Or, voici qu'il y avait un homme juif, un magicien, un voleur, qui faisait boire des boissons magiques aux hommes pour les endormir et leur prendre ce qui leur appartenait. Lorsqu'il entendit parler des vertus et des prodiges que le saint Geor-

MERVEILLES DU SAINT GEORGES Ïï5

ges opérait, il ne ies crut pas et il disait aux foules : • Les chrétiens se laissent séduire par cet homme de terre comme nous, ils vont et lui disent : Viens à notre secours, guéris-nous de nos maladies, n Et une fouie de chrétiens disputaient avec lui sou yen tes fois; mais lui, il continuait de proférer ainsi grande quantité Je blasphèmes. Un chrétien pusillanime l'entendit, il se mit en grande colère, le combattant et lui disant : • Dieu ne supportera pas que tu injuries ainsi son saint martyr; mais le saint tirera vengeance de toi et te perdra, u Et ils se dirent de grandes injures l'un à l'autre. Ensuite l'homme juif prit la parole en disant :

• Gage avec moi maintenant que j'entrerai dans cette église, que je la pillerai, que j'en apporterai ici les vases sans que personne le sache; je verrai ce que Georges me fera. »

— Le chrétien lui répondit : ■ Gageons ces trois pièces d'or; si tu prends quelque chose en l'église du saint Georges, si tu l'apportes ici, nous nous rendrons à l'église, nous ferons une enquête, nous saurons si vraiment tu as enlevée quelque chose il l'église. Si tu restes un mois de jours sans qu'il l'arrivé de mal, j'en croirai ta bouche et je te donnerai

s pièces d'or. Mais si tu ne pev luelque chose de l'église, sans qu malheur, tu me donnes trois pi r et tu te fais chrétien. » La chose f i réglée entre euï et ils prirent des t

Le magicien se leva, il se rendil à l'églis il y vola quelques vases; il sortit du milii de l'église à l'insu de tous, personne ne vit. Lorsqu'il fut hors de la porte extérieu de l'église il se dit en lui-même : » Roué maintenant de toi-même, ô Georges, air a parié avec moi ! » Tout i marchant, il formait des projets en se disan « Je vendrai ces vases un bon prix sa compter que l'autre me donnera aussi trc : je le ferai renoncer à sa foi, r nier son baptême et je verrai ce que Geo i me fera. ■ Pendant qu'il livrait à ces pensées tout en marchant, vo que le vaillant martyr, le saint Georges, vt à lui habillé comme un soldat et tenant u grande lance à la main. Il dit à l'hommt ;e qui brille dans ta mai ^est. . Le Juif se tut; il i enfin : « Camarade, je ne te cacherai | que ces vases, je les ai volés; mais coi

Dieu t'a mis sur mon chemin, viens en prendre aussi ta part avec moi, et tu ne le diras à personne. » — Le saint Georges lui dit :

« Puisqu'il en est ainsi viens à l'église, afin que, selon ta parole, nous les partagions entre nous. » Lorsqu'ils furent arrivés à la porte de l'église, le saint Georges donna un coup de fouet sur la tête du Juif, en disant : « Sais-tu qui je suis ? » — Le Juif dit : « Non, mon Seigneur! je suis mort, je suis mort, et je ne sais pas qui tu es. » — Le saint Georges lui dit : « Je suis Georges. » Et quand l'autre eut entendu, il fut troublé et tomba à terre. Le saint Georges le saisit, il l'entraîna en disant : « Pourquoi dis-tu : je suis mort, je suis mort > tu n'es pas encore mort. Mais viens ici afin que je te fasse connaître qui je suis. • Il le lia au milieu de l'église, il le pendit à une grande poutre ; il lia tout ce que l'homme avait volé, il le suspendit à trois coudées de terre et il donna au Juif de grands coups de fouet qu'il tenait à la main. Oh !

que de merveilles eurent lieu en ce moment!

que de cris le Juif poussa 1 ceux qui étaient couchés en furent éveillés, ils se levèrent, vinrent a lui et furent stupéfaits de ce qui lui était arrivé. Ils se demandaient les uns ^

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