‹ Contes françaisChapitre 73 sur 89 · LE MERLE BLANC · texte numérisé non relu

LE MERLE BLANC

tôt au milieu de ses frères, qu'il enleva au nez de leurs gardiens ébahis.

Malgré le bon service que venait de leur rendre leur cadet, les deux princes ne songèrent, aussitôt libres, qu'à s'emparer de la bête merveilleuse.

« As-tu vu, dit l'un, la belle carrière d'or qui se trouve là-bas?

— Non, je n'ai pas songé à la regarder en passant.

— Alors, venez la voir. »

Et les trois frères de s'approcher du gouffre. Pendant que le cadet se penchait pour mieux voir, il fut poussé par ses deux frères et tomba au fond de la mine.

Lorsqu'il revint à lui, il songea au renard qu'il avait sauvé et se mit à crier : « Renard, renard, passe monts et vallées, j'ai besoin de ton secours ! »

Ces mots étaient à peine prononcés que déjà le renard était auprès de lui, et, en lui léchant les plaies que lui avait faites sa chute au fond du souterrain, le guérit complètement.

« Maintenant que te voilà guéri, » lui dit le renard, » il te reste à sortir du trou. A cet effet, tu vas te tenir à ma queue et je te remonterai. Ne t'avise pas de lâcher ma queue, car ce serait à recommencer. Tiens -toi bien! Je monte. »

Et le renard monta en l'air, traînant après lui le prince cramponné à sa queue. Le renard allait

atteindre le bord du gouffre lorsque le prince, fatigué, le lâcha et retomba tout meutri au fond du gouffre.

Le renard revint trouver le jeune prince, le ranima et lui fit recommencer l'ascension du souterrain.

Cette fois, le prince arriva heureusement en terre ferme.

Après avoir remercié le renard des services qu'il lui avait rendus, le jeune prince s'en alla rejoindre le château de son père. Avant d'y arriver, il se vêtit d'un habit de garçon de ferme, se teignit le visage et vint demander au roi son père, qui ne le reconnut pas sous ces habits d'emprunt, de lui donner la garde du Merle Blanc que ses deux frères avaient rapporté comme leur conquête. Il fut accepté.

Il apprit alors que le Merle Blanc avait déclaré au roi qu'il ne le rajeunirait pas si on ne lui amenait celui qui l'avait conquis sur les deux dragons.

Les deux princes avaient dit à leur père que c'étaient eux-mêmes qui avaient pris la bête, et que c'était pour se venger que le Merle Blanc disait que ce n'étaient pas eux qui l'avaient pris.

Dès que le jeune prince fut entré dans la salle où se trouvait le Merle Blanc, il vit l'oiseau s'abaisser et lui commander de monter sur son cou, ce qu'il fit. Une seconde après, tous deux

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