LE VIOLON MERVEILLEUX
Le fermier, les juges, toute la population de la ville, étaient réunis sur la place, où avait été dressée une haute potence. Jean arriva et demanda aux juges de lui donner son Violon pour en jouer encore une fois avant d'être pendu. Le fermier se mit alors à crier : a Ne lui donnez pas le Violon!... Liez-moi! Liez-moi!» Mais Jean avait la Parole franche : on ne put lui refuser. Prenant le Violon merveilleux, il joua, et chacun se mit à danser sans pouvoir s'en empêcher, le fermier tout le premier. Lassés, exténués, mourant de fatigue, les juges prièrent Jean d'arrêter, lui promettant de le laisser libre. Le jeune homme cessa de jouer, et il put retourner à son village avec son Violon et son Fusil, dont il se servit encore dans maintes occasions.
(Conté en décembre 1 8 77 1 par A. La dent, de Warloy~ Bâillon [Somme]).