‹ Contes françaisChapitre 87 sur 89 · LES TROIS SOUHAITS · texte numérisé non relu

LES TROIS SOUHAITS

Tholomé rentra à la maison paternelle, embrassa son grand -père, qui ne pensait plus le revoir, et se maria avec une de ses cousines. Les trois mois de congé se trouvèrent bientôt passés. 11 lui fallait donc retourner au régiment, ce qui ne faisait pas son affaire. Le soldat jugea qu'avec les souhaits qu'il avait formés, il ne devait craindre personne, toute la maréchaussée fût-elle à ses trousses. Il attendit les événements.

Quelques jours après, un gendarme se présenta chez Tholomé pour le conduire au régiment.

a Je suis prêta partir. Laissez-moi seulement le temps d'embrasser mon pauvre grand-père. Il est si bon pour moi! En attendant, asseyez-vous sur ce banc de pierre »

Un moment après, Tholomé se présenta et sortit dans la rue. Le gendarme voulut se lever pour le suivre, il ne put bouger de place.

« Tholomé, laisse-moi* libre de m'en aller, et je te donnerai un congé de six mois.

— Volontiers, volontiers.

Grand Dieu, fais que l'archer Se lève et s'en aille chez lui ; Grand Dieu, laisse-le aller :

C'est Tholomé qui t'en prie. »

Le gendarme s'en alla, laissant libre le soldat,

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qui passa ses six mois aussi vite que les trois mois qu'on lui avait accordés auparavant.

Un autre archer revint chercher Tholomé.

« Mon ami, laisse- moi dire adieu à mon grandpère. En attendant, assieds-toi sur le banc de pierre.

— Ah! tu crois que je vais rester comme un terme sur le banc de pierre. Non. non, il n'en sera pas ainsi, suis-moi à l'instant. »

Le soldat passa par le jardin et grimpa sur un grand cerisier chargé de fruits rouges et vermeils. Le gendarme l'y suivit et se mit à manger. Lorsqu'il voulut descendre, il se vit retenu par une force invincible qui le tenait attaché aux branches. Il fut obligé de promettre au soldat de le laisser libre pendant un an. Tholomé s'écria :

« Grand Dieu, fais que Parcher Descende et s'en aille chez lui; Grand Dieu, laisse- le aller :

C'est Tholomé qui t'en prie. »

Au bout d'un an, un autre gendarme arriva et emmena Tholomé. En passant près d'un grand peuplier, l'archer s'allongea tant qu'il s'éleva fort au-dessus de l'arbre.

a Puisque tu es si adroit, » lui dit le soldat, « pourrais-tu te raccourcir jusqu'au point de devenir semblable à une mouche i »

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Le gendarme se changea aussitôt en une mouche qui vint se poser sur le bras du militaire, qui l'attrapa et l'enferma dans sa bourse magique. Puis il alla trouver un forgeron, à qui il donna un demi-écu pour donner un coup de marteau sur la bourse.

a Laisse-moi! laisse-moi! » hurla le gendarme, a Ne me tue pas et je te donnerai un congé définitif.

— Soit, puisque tu le veux. Va-t'en. »

Et l'archer s'en retourna.

Quant à Tholomé, il vécut si longtemps, qu'il ne pouvait plus compter ses années lorsqu'il mourut.

fConté le /"janvier 1878, par M. Emile Duchemtn de Warloy-Baillon [Somme]J

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