‹ ContesChapitre 178 sur 193 · I.e sermon achevé, le mari, sans mot dir · texte numérisé non relu

I.e sermon achevé, le mari, sans mot dir

IMal content du prêcheur, se lève er se retire :

Puis, chez lui de retour, il cherche à profiter

Des leçons qu'on lui donne, et qu'il vient d'écouter;

D'un second testament il voit alors l'usage

|{t combien le conseil en fut prudent et sage.

Sous de fidèles clefs il l'avoit enfermé :

Il l'en tire, et le donne à l'héritier nommé'.

Qui, sans avoir besoin d'une plus ample glose,

Kntend à demi-mot, et voit où va la chose,

Et, muni de la pièce, actif et diligent,

En charge à l'heure même un habile sergent.

Dans l'antique réduit d'un cabinet tranquille Dont souvent aux plaideurs l'accès est difficile. Le jeton à la main *, le grave magistrat. Des biens de la défunte examinoit l'état; Il a dessus .sa table un ample et long mémoire. Qu'il lit avec plaisir et (|u'il a peine à croire, Tant les biens différents qu'il y voit contenus L'étonnent par les fonds et par les revenus.

1 M. do Brai^elonne de Bretagne. {iVnli- du lieC'icil de Cvnrart.) 2. Les comptes so faisaient alors le jeton à la main, comme on le voit au théâtre, dans la première scèno an Ma'ade Imayinairc.

Il en fait plusieurs paris : en père de famille,

11 en destine l'une à marier sa fille ;

Il achète de l'autre une charge à. son fils,

Et déjà par avance il se débat du prix,

De cent autres projets il flatte sa pensée,

En calculant la somme à ses besoins laissée,

Lorsque, par un papier sur sa table apport''.

Les projets, le calcul, tout est déconcerté :

Il y voit, au moyen d'un dernier codicille,

Tout autre testament devenir inutile.

Le mal est sans remède. Il cède à la douleur,

l'.t le deuil désormais n'est plus que dans son cœur

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