I.e sermon achevé, le mari, sans mot dir
IMal content du prêcheur, se lève er se retire :
Puis, chez lui de retour, il cherche à profiter
Des leçons qu'on lui donne, et qu'il vient d'écouter;
D'un second testament il voit alors l'usage
|{t combien le conseil en fut prudent et sage.
Sous de fidèles clefs il l'avoit enfermé :
Il l'en tire, et le donne à l'héritier nommé'.
Qui, sans avoir besoin d'une plus ample glose,
Kntend à demi-mot, et voit où va la chose,
Et, muni de la pièce, actif et diligent,
En charge à l'heure même un habile sergent.
Dans l'antique réduit d'un cabinet tranquille Dont souvent aux plaideurs l'accès est difficile. Le jeton à la main *, le grave magistrat. Des biens de la défunte examinoit l'état; Il a dessus .sa table un ample et long mémoire. Qu'il lit avec plaisir et (|u'il a peine à croire, Tant les biens différents qu'il y voit contenus L'étonnent par les fonds et par les revenus.
1 M. do Brai^elonne de Bretagne. {iVnli- du lieC'icil de Cvnrart.) 2. Les comptes so faisaient alors le jeton à la main, comme on le voit au théâtre, dans la première scèno an Ma'ade Imayinairc.
Il en fait plusieurs paris : en père de famille,
11 en destine l'une à marier sa fille ;
Il achète de l'autre une charge à. son fils,
Et déjà par avance il se débat du prix,
De cent autres projets il flatte sa pensée,
En calculant la somme à ses besoins laissée,
Lorsque, par un papier sur sa table apport''.
Les projets, le calcul, tout est déconcerté :
Il y voit, au moyen d'un dernier codicille,
Tout autre testament devenir inutile.
Le mal est sans remède. Il cède à la douleur,
l'.t le deuil désormais n'est plus que dans son cœur