‹ ContesChapitre 56 sur 193 · FIN DE LA TROISIEME PARTIR · texte numérisé non relu

FIN DE LA TROISIEME PARTIR

I. Les Oies de frère Philippe, La nouvelle de Boccace Imitée par La Fontaine est dans le préambule de la quatrième journée du Décaméron. Le mot de la fin :

J'aurai soin de la faire paître,

est de Boccace : « Ils rencontrèrent par fortune une troupe de belles jeunes dames et bien en ordre qui venoient toutes d'une noce. Lesquelles, tout aussitôt que le garçon les vit, demanda à son père quelle chose c'estoit. A qui le père ditt : « Mon fils, baiss les yeux en terre, car c'est une mauvaise « chose. )> Le garçon dit alors : « Mais comment s'appellent- « elles? » Le père, pour non réveiller en l'appétit concupiscible du jeune garçon aucun inclinable désir moins qu'utile, ne les voulut nommer par leur propre nom, c'est à sçavoir femmes; mais lui dit : « Elles se nomment oyes. » 0 chose esmerveillable à ouyr, que cettuy-ci, qui n'en avoit jamais vu, ne se souciant des palais, ne du bœuf, ne du cheval, ne de Tasne, ne d'argent, ne d'aucune chose qu'il eust vue, dit

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soudainement : « Mon père, je vous prie, faites tant que j'aye « une de ces oyes. » A qui le père dit : « O Jésus! mon fils, « tais-toi, c'est une mauvaise chose. » Et le garçon respondit : « Je ne sçay que vous voulez dire ne pourquoy ces choses ci « sont mauvaises; car, quand à moy, il ne me semble point « avoir encore vu chose si belle ne si plaisante comme elles, « qui sont beaucoup plus belles que les anges peints que vous « m'avez plusieurs fois monstres. Hé, mon père, je vous sup- « plie, si vous m'aymez, faites que nous menions là haut « une de ces oyes, et je lui donneray à paistre. — Je ne le « veux point, dit le père, tu ne sçais point par où elles or paissent. » (Traduction Ant. Le Maçon.)

Antérieurement à Boccace, nous trouvons l'anecdote dans les recueils du moyen âge. Voyez Latin stories, from manuscrits of the thirteenth and fourteenth centuries, edited by Thomas Wright, London, 1842 :

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