LES TROIS FILEUSES
avec nous. Puis-je les inviter? — Certainement, va les chercher aujourd'hui même. — Pas besoin de courir », dit la belle princesse ; et, se mettant sur Pescalier elle appela : « Tante Persi, tante Sophie, tante Cruci, l'heure de venir est arrivée! » Tout à coup on entendit un grand bruit et trois femmes d'une laideur invraisemblable apparurent. L'une avec les cils des paupières qui lui tombaient jusqu'aux genoux; l'autre, avec des lèvres qui lui tombaient jusqu'à la taille et la troisième avec des bras qui balayaient le plancher. Le roi et la reine furent horrifiés. Vers la fin du repas l'une des trois vieilles dit : « Sire, vous êtes étonné de nous voir si laides; écoutez-nous et vous jugerez après : Si j'ai de si longs cils c'est parce que je passe toutes mes nuits à filer. — Moi, ^t la seconde, c'est à force de passer mes doigts sur les lèvres pour filer, qu'elles sont devenues Sl épaisses. — Quant à moi, dit la troisième, à force de faire tourner le fuseau mes bras se s °nt allongés comme vous voyez. Voilà ce qui Privera à votre femme si vous la forcez encore à filer. » Le roi jura qu'elle ne travaillerait
ïamais plus de sa vie; et la belle reine vécut *°ngtemps très heureuse à ne rien faire.
Conté par M xu Marioncha Bosano*
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mparer : 4, 47.
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