LE BRAVE SAVETIER
Dans la ville de Gênes il y avait un beau palais appartenant à un marquis; mais personne ne voulait l'habiter parce que on le disait hanté. En effet, quelqu'un plus courageux que d'autres, qui avait voulu y entrer n'en était jamais sorti. Le maître du palais, passant un jour dans une rue, aperçut un brave savetier qui battait la semelle et chantait. « Eh! bonhomme, qu'avez-vous à être si joyeux ce matin, dit-il? — Mon bon monsieur, c'est la misère qui me fait chanter, j'ai tant d'enfants à nourrir que j'en perds la tête. » Le marquis réfléchit un moment et dit ensuite : « Il y aurait un moyen de te tirer d'affaire; as-tu du courage ! » Le savetier répondit : « Je crois bien; parlez, monsieur. — Eh bien, j'ai \m palais que Ton dit hanté. Tous ceux qui y
que le 1, viens |
: le savetier! « Le mon voyant que 1 savetier était décidé, dit : « Eh bien, derrière et écl aire -moi ! » Le spectre marcha ine porte,' le savetier le suit, priant :
* Seigneur, Seigneur aide-moi. » Ils passèrent
e chambre à l'autre, traversant presque tout le palais et ils arrivèrent dans un cabinet où il y avait une porte cachée, a Ouvre cette porte-la,
e mort. — Ouvre-la, toi! répond le saveu Le mort s'approcha de la porte la poussa et la jeta à terre. Comme il y avait un escalier : .< Passe le premier, dit le mort. Passe le premier, toi i> ; répond le savetier. L'escalier était en colimaçon et très bas. n Baisse-toi, dit le — Baisse-toi le premier, répond le savttier ! Après avoir tourné dans cet escalier pendant un certain temps, ils arrivèrent tous deux à une porte, et le mort dit encore : « Ouvre cette porte ! Le savetier voyant que le refus le servait admirablement, lui répondit : « Ouvrela, toi-même. » Le mort poussa la porte qui tomba. Là où ils entrèrent, sur le sol, il y avait une grande dalle. « Enlève cette dalle-la «, dit le mort. Mais le savetier qui avait peur de tomber dans un trébucher, lui répond : Lèvela, toi! ■> Et le mort leva la dalle sous laquelle se trouvaient une grande quantité de marmites pleines de pièces d'or; puis, croyant sam douM que le savetier se laisserait séduire par cet or, il