‹ Contes ligures, traditions de la Rivière (volume 2)Chapitre 67 sur 77 · JO CONTES LIGURES · texte numérisé non relu

JO CONTES LIGURES

le roi lui fit ses excuses et, pour faire oublier le passé, ordonna une grande fête à laquelle furent invités tous les princes qui avaient été à la cour voir Penfant.

Conté par Catarina Lagomarsino de Sori.

Comparer : Sébillot, I, 20. — Basile, I, 3. — Visentini, 47. — Pedroso, 17. — Hahn, 8. — Ralston, 35.

bras. Elles ramasseront du bois et firent u grand feu, puis elles brûlèrent l'enfant. S'e'tar ensuite assises, elles se mirent à conter leui

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a une grande vertu ne l'a plus. — Tu sais, la lille du roi de France de la mort. Pour la guérir je sais ce qu'il faudrait faire : sous son lit il y a une jambe de scorpion, il faudrait la prendre et la lui frotter surtout le corps. » — Un autre dit alors : « Il y a aussi le fils du roi d'Espagne qui est mourant. Les médecins n'ont rien su faire: moi, je connais le remède : il faudrait prendre du cresson, le piler soigneusement, en exprimer le suc et lui en frotter le corps. » Comme il se faisait tard et qu'elles devaient aller à la rencontre du diable, les sorcières, là-dessus, s'enfuirent comme le vent. L'aveugle descendit de son arbre, prit des cendres et s'en frotta les yeux. La vue lui revint, et, plus heureux que s'il avait découvert l'Amérique, il se remplit les poches de ce heaume et s'enfuit. A peine fut-il hors de la forêt qu'un pauvre aveugle vint lui demander l'aumône. 11 lui dît aussitôt : i Je ne puis rien vous donner parce que je suis pauvre aussi et peut-être plus quelque chose qui vaut

e pain, je

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ayant front les yeux avec son remède, l'aveugle put voir. Stupéfait, l'aveugle l'embrassa, le conduisit chez lui, lui donna il manger et voulut le retenir; mais l'autre lui répondit : « Je ne puis rester. Il faut que j'aille sauver la vie ii deux personnes. » 11 partit <-t se rendit à la four du roi Je France. On ne voulut point le laisser passer d'abord; on croyait fort peu à sa parole; mais on linit par accéder à sa demande. 11 entra dans la chambre et ayant accompli tout ce qu'avait dit la sorcière, il vit que la fille du roi était parfaitement guérie. Tous étaient heureux et voulaient le retenir à la cour. On lui disait : « Elle sera votre épouse, puisque vous lui avez sauvé la vie; personne ne la mérite plus que vous. » Il accepta l'offre, mais il dit : « Je ne puis me marier maintenant, il faut que j'aille sauver le fils du roi d'Espagne ; je reviendrai. » Le roi lui donna le plus beau de ses chevaux et des domestiques fidèles et le laissa partir. Il alla se présenter à la cour du roi d'Espagne el dit au roi : « Majesté, j'ai un remède pour guérir votre fils, a Le roi qui avait consu les médecins, qui tous donnaient son fils pour perdu, fut étonné et dit : n Voyons. ■ AI. rs noire voyageur s'enferma dans la chambre. Il pila le cresson, appliqua le remède; quand il eut fini de frotter, le malade lui guéri. I.i fui d'Espagne, la reine, tous les courtisan-, la

princesses, heureux du si chargèrent de présents

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remercimcnts.

roulaient le retenir; mais il leur dit qu'il lui fallait arriver en France pour son mariage. A peine de retour à cette cour où on l'avait attendu comme on attend le Seigneur, ce pompeux mariage fut célèbre. Un jour, pendant qu'il allait monter en carosse, il vit s'approcher un malheureux lépreux, enveloppé de haillons et demandant l'aumône. En lui mettant quelque argent dans la main il le regarda bien parce qu'il crut le reconnaître pour son frère. Enfin il lui dit : « Tu ne me reconnais pas? » Le pauvre le regarda aussi et lui répondit :

"Comment as-tu fait pour devenir si richer o Alors le frère riche conta ses aventures à celui qui était malheureux et qui se disait : n Je ferai peut-être bien d'aller aussi un peu sur cet arbre; qui sait quelle fortune m'y attend! « C'était par une belle soirée; leste comme un ehat il courut au pied de l'arbre miraculeux. Doucement, lentement il grimpa sur la branche

frère. Minuit sonna, toutes les sorcières arrivèrent. Elles coupèrent plusieurs arbres et en firent de beaux fagots; puis elles y mirent feu et dansèrent autour de cet immense l'ai lot. Elles s'assirent ensuite et l'une d'elles commença : t Sais-tu que l'on a guéri le fils du roi d'Espa-

gne? » Et l'autre : « Oui, la fille de France aussi! — Vraiment? — I! faut que quelqu'un nous ait épiées. — Maintenant donc, avant de nous mettre à parler, visitons partout ici ; s'il y a quelqu'un, nous allons l'arranger. » Alors toutes les sorcières se mirent à chercher dans les recoins, à visiter les arbres avec soin et enfin elles virent là-haut, perché et cherchant à se faire petit autant que possible le malheureux lépreux. « Ah, te voilà beau merle! descends afin que nous arrangions nos comptes. » Il ne voulait point, mais elles le saisirent par les jambes et elles le tirèrent en bas pour le jeter dans le feu. Le malheureux pendant son supplice se disait : « Il est vraiment vrai que qui fait bien a bien et qui fait mal a mal. »

Conté par Guglielmo de Paoli, de Varese-Ligure.

Comparer : 12.

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