‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 111 sur 151 · LA RAMÉE, GRAND FUMEUR · texte numérisé non relu

LA RAMÉE, GRAND FUMEUR

IL y avait une fois certain individu appelé La Ramée, fils unique et riche, mais qui, dès son jeune âge, aurait mangé le bât de l’âne, le pilier d’un pont, l’ancre d’un navire, comme il aurait fumé tout le tabac de l’État; il était surnommé Iç grand fumeur. Pourtant, il avait de bonnes qualités : quiconque, étant pauvre, se fût présenté à lui, aurait reçu l’aumône. Mais le trop dépenser le jeta dans le malheur, et il lui arriva de ne plus rien avoir. Un jour qu’il s’en allait chercher son pain, un sac sur l’épaule, un vieillard vint à lui et lui demanda un peu de pain et de tabac. La Ramée lui donna aussitôt la moitié du pain et sa dernière pipe de tabac. Le vieillard le remercia et lui dit ensuite : « Demande-moi ce que tu désires, et ce que tu me

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