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LA FILLE AUX BRAS COUPES

La fille répondit alors qu’il en fît ce qu’il voulait. Le lendemain, le monsieur alla prendre la fille et, comme elle avait fait le signe de la croix avec de l’eau bénite, il ne put la toucher et il dit au père de lui enlever l’eau bénite. Le lendemain, il revint et, comme la fille avait encore fait le signe de la croix avec de l’eau bénite qu’elle avait cachée à la maison, il dit au père de couper les bras à sa fille, autrement il lui redemanderait le sac d’argent. Ce père ne savait comment le dire à sa fille; enfin, un beau soir, il finit par tout lui dire. La fille répondit : « Il vaut mieux que vous me coupiez les bras, car nous n’avons plus l’argent, puisque, vous le savez, nous en avons payé toutes les dettes. » Alors cet homme fut obligé de couper les bras à sa fille et le lendemain matin ce monsieur vint et vit cette fille sans bras, il lui dit ; « Maintenant je puis te prendre, car tu ne peux plus faire le signe de la sainte croix » ; ainsi ils connurent que c’était le Diable. Alors il la prit et la mit sur ses épaules et il passa à travers les déserts. Notre Seigneur la lui faisait paraître toujours plus pesante tant et plus qu’il en fut réduit à l’abandonner en la jetant dans un ruisseau. Cette pauvre fille se trouvant perdue fit tout ce qu’elle put, se leva et se mit à marcher. Elle finit par trouver une grotte où elle se réfugia. Au moment où elle ne savait comment apai-

ser sa faim elle vit arriver un chien qui lui apportait tout ce que son maître lui donnait. Un jour, le roi qui donnait un grand dîner, vit ce chien qui n’avait plus que la peau et les os, et il demanda à ses domestiques s’ils ne lui donnaient rien à manger. Les domestiques lui dirent : « Oui, mais le chien sort toujours avec le morceau à la gueule. » Alors le maître suivit ce chien et il vit qu’il apportait ce qu’il avait reçu dans une grotte. Et il vit cette jeune fille qui était toute nue. « Que faites-vous ici, sortez. — Je ne puis sortir si vous ne me jetez votre manteau. » Alors le roi la mit sur son cheval et la conduisit avec lui dans son palais. La mère du roi, quand il la vit arriver dit à son fils : « Que m’as-tu amené ici. — De ce que je vous ai amené vous aurez soin. » Un jour le roi alla à la guerre et, avant de partir, il dit à sa mère : « Vous aurez soin de ma femme et de ce qu’elle fera. » Toutes les lettres que la mère du roi recevait étaient détournées et remplacées par d’autres et la belle-mère disait : « Vous voyez, votre mari vous dit de vous en aller. » Et elle répondait : « Je m’en irai. » Un jour elle se coucha et eut deux enfants, un fils et une fille. Le garçon avait une épée au front et la fille avait une étoile. Alors la mère écrivit qu’elle avait eu un chien et un chat. Le roi lui répondit qu’elle eut soin du chien et du chat. Alors la

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