‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 49 sur 151 · I. Monsieur le juge · texte numérisé non relu

I. Monsieur le juge

entre eux et ils vécurent heureux pendant de longues années.

Conté par Louise Abooii.

Comparer; Cosquin, 22. — Sébillot, L. O. p. 106.

— Luzeh 111. 38i . — Vinson, p. 1 12. — Grimm, 59.

— Basile, 1. 4. — Imbriani, C. P. p. 227. — Corouadi-Berti, 12.

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LES TROIS PILEUSES

Variante I.

IL y avait une fois une femme pauvre qui avait une fille d’une grande beauté. Toutes deux habitaient près d’une hôtellerie. Chaque matin, lorsque le dernier coup de sept heures venait de sonner, la mère s’écriait ; « Et sept ont passé! » Elle voulait dire par là que sa fille avait déjà avalé sept assiettées de soupe. Un jour le fils du roi vint dans ce pays et s’arrêta dans l’hôtellerie; il se mit à la fenêtre et vit la belle jeune fille et s’éprit d’elle. Le lendemain matin, et lorsque sept heures sonnèrent, pendant qu’il était à la fenêtre, il entendit la voix de la vieille qui disait : « Et sept ont passé ! )) Il demanda l’explication de ces paroles à l’hôtesse. La maîtresse de la maison répondit : « C’est une pauvre famille qui a pour toute ressource le travail de la jeune fille qui, à sept heures du matin, a déjà filé sept fuseaux. Quel-

ques instants après il se rendit chez la vieille femme et lui demanda la main de sa fille. La mère fit quelques difficultés; mais, le prince n’écoutant rien, le mariage se fit une heure après. Quelques années plus tard, le fils du roi dut aller combattre ses ennemis. Avant de partir il laissa trois chambres pleines de chanvre à filer. Sa femme, qui ne savait pas même tenir le fuseau entre ses mains, passait ses jours à pleurer. Un jour elle vit passer trois vieilles femmes qui la saluèrent et lui demandèrent la cause de sa tristesse. Elle le leur dit. « Ne vous tourmentez plus, nous le ferons à votre place. En une heure tout votre chanvre sera filé; mais, pour récompense, nous voulons être invitées à un dîner, au retour de votre mari. Vous nous ferez passer pour vos tantes; puis, lorsque votre mari vous dira de venir nous chercher, vous vous mettrez sur l’escalier et vous crierez : « Tante Persi^ tante Sophie, tante Cruci, l’heure de venir est arrivée! » et, alors, nous paraîtrons. » Alors, la reine conduisit les trois vieilles, chacune dans une chambre, et les voilà filant, filant, filant, poussées par une force magique. En une heure tout fut filé, et les trois vieilles disparurent. Peu de temps après, le mari revint de la guerre et la loua fort de son travail. La reine lui dit un jour : « J’ai trois vieilles tantes qui désireraient dîner une fois

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