‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 51 sur 151 · LA MAIN PARLANTE · texte numérisé non relu

LA MAIN PARLANTE

UN sorcier, arrivé dans un village, s’arrêta dans une auberge tenue par un pauvre homme qui avait trois fils. A la vue de ces enfants, le sorcier se dit : « Il faut que je m’empare d’eux. » Pendant que l’hôte le servait à table il entra en conversation avec lui. En terminant cet entretien, le voyageur dit : « Je suis touché de votre misère, puisque vous êtes dans l’impossibilité de faire apprendre un métier à vos fils, cédez m’en un, je l’adopterai. ■ — Non pas, » s’écria le père, « j’aime mieux mourir de faim que me séparer de mes enfants! » Cependant, à force de bonnes paroles, le sorcier parvint à persuader l’aubergiste : «.Soit, » dit celui-ci, « je vous confie mon fils pour un certain temps; mais promettez-moi de me le ramener s’il ne se trouve pas bien chez vous. — Je

Page 1