I>A MAIN PARLANTE
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la main cria de loin : « Il ne m’a pas mangée, il m’a enterrée ! — Oh, le menteur ! va me la chercher! » Bientôt la main fut apportée. « Maintenant je vais te faire voir ton frère, suis-moi ! » ^Et le pauvre enfant fut conduit dans la chambre souterraine : « Voilà ton frère! » lui cria le sorcier, « il est en cet état pour avoir menti ! Tu vas être traité de même! » Puis il le suspendit à un crochet, ferma la porte et s’en alla. Bien des mois s’étaient passés, lorsqu’un jour le sorcier se mit en route une fois de plus pour aller trouver l’aubergiste. « Je vous apporte un message » dit-il en entrant, « de la part de vos enfants. — Vous les avez gardés tous les deux, vous ne les ramenez ni l’un ni l’autre ? — Ils sont résolus à ne plus revenir, il a fallu faire le voyage seul. — Pour me demander mon troisième enfant?» s’écria le malheureux père. «Vous ne l’aurez pas! — Gomment donc? » dit le sorcier, « je venais vous proposer d’assurer le bonheur de votre plus jeune fils en me le confiant aussi. » Mais le plus jeune des fils de l’aubergiste lui dit à l’oreille : « Père, laissez moi partir, je découvrirai le mystère, j’en suis sûr, et je reviendrai. » Le père le laissa partir.
Gomme les voyageurs arrivaient au palais du sorcier, l’enfant lui dit : « Je ne vois pas mes frères, qu’en avez-vous fait? — Ne crains rien, petit, tes frères sont en sûreté, tu les verras
bientôt; mais auparavant il faut que je m’absente pour quelque temps. » Le premier jour, le sorcier fit tout visiter à l’enfant, comme à ses deux aînés; puis, lorsque l’heure du départ fut venue, il lui donna les mêmes instructions et la main qui parle à manger. Le temps s’écoulait et l’enfant ne pouvait se décider à manger de cette main. Un matin qu’il était occupé à prendre soin des oiseaux, il en vit un qui volait avec peine» et se tenait tout près de lui. « Si cet oiseau meurt », se dit-il, « c’en est fait de moi. » Il le prit dans ses mains. Comme il lui caraissait la tête, il sentit quelque chose de dur et, écartant les plumes, il découvrit la tête d’une épingle qu’il retira. Aussitôt 1 ’oiseau devint une belle princesse qui lui dit ; « Malheureux, pourquoi es-tu venu ici? Le possesseur de ce palais est un sorcier cruel. Il a tué tes frères parce qu’ils n’ont pas mangé la main. Le même sort t’est réservé ! Écoute, je veux te sauver, mais tu te souviendras de moi, à la prochaine occasion. Sache d’abord que ce misérable m’a volée à mon père et qu’il m’a changée en oiseau. Toi, seul, peux me faire sortir d’ici. Maintenant, prends la main et hache-là de telle façon qu’il n’en reste pas le plus petit morceau, car, autrement, elle parlera. Cela fait tu en mettras les débris entre deux serviettes que tu noueras autour de ta ceinture;