‹ Contes populaires berbères, recueillisChapitre 40 sur 122 · LÉGENDES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LÉGENDES RELIGIEUSES

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ORIGINE DU LION, DU CHAT ET DU RAT ai

(Zouaoua.)

Au temps où notre seigneur Noé construisait l'arche, le sanglier vint la nuit la battre (en brèche) et enleva une planche avec ses défenses. Lorsqu'il se réveilla, notre seigneur Noé vint travailler à son ouvrage, trouva l'arche brisée et la répara. Le lendemain, il la trouva brisée de nouveau et la répara encore. Le troisième jour, le sanglier continua d'agir ainsi. Quand notre seigneur Noé s'en aperçut, il se fâcha, et voulant réparer à la hâte l'endroit brisé, il se blessa à la main. Il creusa un trou dans le sable y fit couler son sang, le recouvrit de terre et s'en alla. Quand son sang fut échauffé par les rayons du soleil, un lion en naquit. Le lendemain, le sanglier voulut agir comme pré-

cédemment, mais il trouva le lion qui veillait. Celui-ci lui dit : « Misérable, retire-toi, ou je te tue. » Le sanglier refusa : le lion se jeta sur lui et le dévora : depuis ce temps le lion mange de la chair de sanglier. Les deux animaux étaient dans l'arche de notre seigneur Noé, chacun à sa place : le sanglier éternua; de son éternûment sortit un rat :

le lion éternua, de son éternûment sortit un chat, c'est pourquoi le chat mange le rat.

SALOMON ET LE GRIFFON aa

(Aïn Sfisifa.)

Notre seigneur Salomon causait un jour avec les génies. Il leur dit : « Il est né une fille à Djabersa et un garçon à Djaberka * 3 : ce" garçon et cette fille- se rencontreront, » ajouta-t-il. Le griffon dit aux génies : « Maigré la volonté de la puissance divine, je ne les laisserai pas se réunir. » Le fils du roi de Djaberka vint chez Salomon, mais à peine arrivé, il tomba malade. Le griffon enleva la fille du roi de Djabersa et la porta sur un figuier au bord de la mer. Le vent poussa le prince qui s'était embarqué : il dit à ses compagnons : « Débarquez-moi. » Il alla sous ce figuier et s'y coucha. La jeune fille lui jeta des feuilles, il ouvrit les yeux et elle lui dit : « Outre le griffon, je suis seule ici avec ma mère. D'où viens-tu ?» — a De

Djaberka. » — « Pourquoi, continua-t-elle, le Seigneur n'a-t-ii pas créé d'êtres humains excepté moi, ma mère et notre seigneur Salomon ?» Il lui répondit : « Dieu a créé toute espèce d'hommes et de pays. » — « Va, reprit-elle, amène un cheval et égorge-le, apporte aussi du camphre pour dessécher le cuir que tu pendras au haut du mât. » Le griffon revint et elle se mit à pleurer en disant : a Pourquoi ne me conduis-tu pas chez notre seigneur Salomon? » — « Demain, je t'emmènerai. » Elle dit au fils du roi : « Va te cacher dans l'intérieur du cheval. » Il s'y cacha. Le lendemain, le griffon l'enleva avec le cadavre du cheval et la jeune fille partit. Quand ils arrivèrent chez notre seigneur Salomon, celui-ci dit au griffon : « Je t'avais annoncé que la jeune fille et le jeune homme seraient réunis. » Plein de honte, le griffon s'enfuit sur le champ dans une île u .

SALOMON ET LE DRAGON 2b

(Béni Menacer.)

On raconte qu'autrefois un dragon descendit dans une source au-dessus de Cherchel a6 ; il avait des enfants. Un jour, ceux-ci sortirent par l'ouverture de la caverne pour jouer.. Les enfants de la ville arrivèrent, les frappèrent et en tuèrent quatre. Leur père l'apprit, se mit aussitôt en colère et jeta du poison dans l'eau. Tout le peuple de la ville qui en but mourut empoisonné. Les survivants se plaignirent à Salomon. Celui-ci eut pitié d'eux ; il partit avec eux, égorgea un coq, prit sa tête, la planta sur la sienne et s'en alla chez le dragon. Il lui donna l'assurance qu'il ne lui ferait pas de mal : « Tu n'auras rien à craindre, tant que cette tête sera sur moi. » Le dragon le crut, plaça la sienne sur le pommeau de la selle, devant Salomon qui se retira en le traînant. Il sortit de son trou,

SO CONTES POPULAIUt

;t quand il fut arrivé dans la Metidja, le irince le tua. Il se jeta sur la queue du chenal de Salomon et la coupa ras. Le roi s'enfuit rapidement jusqu'à Hammam Righa ■' ; il ordonna aux djinns de lui chauffer de l'eau et lava le sang du dragon qui avait coulé sur

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SALOMON ET LE VOLEUR D'OIES a »

(Chelha du Sous marocain.)

Un homme alla un jour chez notre seigneur Salomon et lui dit : « Quelqu'un m'a volé des oies, je ne le connais pas. » — « Ne t'inquiète pas, dit Salomon, je le trouverai. » Lorsque les gens furent entrés à la mosquée, le roi leur dit : « Il y a parmi vous un voleur d'oies qui est entré à la mosquée : il a des plumes sur la tête. » Le voleur eut peur et porta la main sur sa tête : Salomon le vit et cria : « Voici le coupable, saisissez-le. »

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