AVENTURE DE SID1 MOHAMMED ADJELI
fut entièrement vidé. Il en ouvrit un autre qui fut également épuisé, puis un troisième et un quatrième et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les greniers du roi fussent vidés. 11 voulut ouvrir les silos, mais leur gardien alla parler au sultan avec celui des greniers :
« Seigneur, dirent-ils, les greniers royaux sont tous vides sans qu'on ait pu remplir la musette de la mule du saint 34 . » Des âniers vinrent de Fas et de tous les pays, emportant du blé sur des chameaux et des mulets. Les gens leur demandèrent : • Pourquoi emportez-vous ce blé? • — « C'est celui de Sidi Mohammed Adjeli que nous prenons, » répondirent-ils. La nouvelle en arriva au roi qui dit au saint : « Pourquoi agis-tu ainsi, à présent que les greniers royaux sont vides? » Alors il convoqua les gens de son conseil et voulut faire couper la tête de Sidi Mohammed. « Sors, » lui dit-il. Le saint répondit : « Attends que j'aie fait mes ablutions » (pour la prière). Les gens du makhzen qui l'entouraient le mirent au milieu d'eux en attendant qu'il eût terminé ses ablutions pour le conduire au conseil du roi et lui trancher la tête. Quand Sidi Moh'ammed eut achevé ses ablutions, il leva les yeux au ciel, entra dans
la cuvette (où il se lavait) et disparut Lorsque les gardiens qui se tenaient au-dessus de sa tête virent qu'il n'était plus là, ils allé' rent (le chercher inutilement) dans sa maison a Tagountaft !s .
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LE SCORHON ET LE KHAMMES 3G .
( Mfab.)
Le propriétaire d'un jardin avait un khammès qui moissonnait de l'orge et à qui il portait à déjeûner. Il arriva au bord d'une rivière qu'il voulut traverser pour aller à son jardin : il trouva une tortue et un scorpion. Celui-ci monta sur la première qui lui fit traverser la rivière, puis elle revint; tandis que le scorpion courait vers un palmier sous lequel dormait un homme. Il trouva un serpent enroulé autour du cou du dormeur, la bouche près de sa tête, et prêt à le mordre quand il s'éveillerait. Le scorpion alla frapper la tête du serpent, y introduisit son venin et le tua. Le propriétaire du jardin contemplait cela avec effroi : il éveilla l'homme et lui dit : « Lève-toi, vois ce qui est à côté de toi »». L'autre obéit,
eut peur et voulut fuir. Son maître demanda : « Quelle bonne œuvre as-tu faite aujourd'hui devant Dieu > • Le khammès re'pondit : « J'ai fait l'aumône d'un peu de pain à une vieille femme : Dieu a inventé ce moyen pour me sauver de la mort. Ma vie sera longue. Louange à Dieu » 3 '.