LES SEPT FRÈRES
partirent en le laissant là. Ils arrivèrent à une ville.
Le jeune homme resta quelque temps dans le puits où on l'avait descendu, jusqu'à ce qu'un jour une caravane passant par là se mit à puiser de l'eau. Les gens en buvant entendirent quelque chose qui s'agitait dans le fond. « Attends un peu, » dirent-ils. Ils descendirent une corde, le jeune homme la prit et remonta : il était noir comme un nègre. Les gens l'emmenèrent et le .vendirent à un homme qui le conduisit chez lui. Il y resta pendant un mois et redevint blanc comme la neige. La femme de son maître lui dit : « Allons, partons ensemble. » — « Jamais, » répondit-il. Le soir l'homme revint et demanda : « Que fait le nègre^ » — « Vends-le, » lui dit sa femme. Il lui dit :
« Voici que tu es libre, dispose de ta personne ' 3 . »
Le jeune homme s'en alla et arriva à une viiie où il y avait une fontaine habitée patun serpent. On n'y pouvait puiser sans qu'il mangeât une femme. C'était ce jour-là, le tour de la fille du roi d'être mangée. Le jeune homme lui dit : « Pourquoi pleurestu? » — « C'est que c'est mon tour d'être dé-
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vorée aujourd'hui. ■ L'étranger reprit :
* Courage, je te tuerai s'il plaît à Dieu, le Seigneur. > La jeune fille entra dans la fontaine : le serpent s'élança contre elle, niais dès qu'il montra sa tête, le jeune homme le frappa d'un bâton et la fit voler. Il en fit autant à une autre tête jusqu'à ce que le serpent mourut. Tous les gens de la ville allèrent puiser de l'eau. Le roi demanda : ■ Qui a fait cela/ » — * C'est lui, dit-on, l'étranger qui est arrivé hier. ■ — « Ammenez-le moi. « On le conduisit devant le prince, n C'est toi qui a tué le serpent? a — « C'est moi. ■ Le roi lui donna sa fille et le nomma son lieutenant : la noce dura sept jours •'.
Mon conte est fini avant que mes ressources soient épuisées.
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l'oiseau merveilleux et le juif ?° (il in Sfisifa.)
Il y avait un homme qui ne possédait rien : . il ramassait du bois. Un jour, il rencontra un oiseau qu'il mit en cage : son fils trouva le lendemain, dans la cage, un rubis qu'il vendit. Chaque jour il en vendait un. Quand il fut riche, il partit en Orient faire le pèlerinage, laissant deux enfants et une femme.
Celle-ci/chaque jour, portait un rubis au juif. / ^ Ce dernier lui dit : « Tue l'oiseau, et tu apporteras une poêle à frire. » — « Va, dit la femme, tu le mangeras. » En revenant de la mosquée, ses enfants trouvèrent dans la poêle à frire la tête et le cœur de l'oiseau 'il' les A prirent et mangèrent, l'un la tête, l'autre le cœur. La femme battit ses fils et leur dit :
« Pourquoi avez-vous mangé cela?... » Ils partirent furieux. Le juif vint lui dire : « A
quoi cela te sert-il ?» Il s'en alla. Les enfants / f quittèrent leur$ pays. La femme se fit juive
et épousa le juif.
Sur la rpute, ses fils virent auprès d'eux un étang. L'un d'eux dit à son frère : • Séparons-nous. » Ils se quittèrent. Il arriva que le roi d'un pays mourut après avoir dit :
• Prenez l'homme que vous trouverez dormant à l'entrée de la porte : il régnera sur vous. ■» L'un des enfants devint roi. Trois pigeons vinrent à lui, il leur dit : « Qui êtesvous? » Ils s'approchèrent : « Volez, » continua-t-il. Ils s'envolèrent à l'Ouest.
Le père des enfants, en revenant de l'Orient, trouva sa maison appartenant à un juif et sa femme convertie au judaïsme. « Je ne suis plus musulmane, » dit-elle à son mari.
Il répondit : • Par Dieu, allons vers le roi de justice. » Ils partirent. Quand il arrriva. près de son fils, il lui dit : « Tu es mon fils, ta mère s'est faite juive. » — « Par Dieu, dit le prince, examinons comment. » — « Jugela, qu'elle meure. » Le roi la condamna au feu : les Arabes vinrent et la brûlèrent 77.