LA FÉE ET LES TALEBS
(65) J'ai publié dans mon Manuel de langue kabyle [Textes, p. 35-36) le texte de ce conte
qui m'a été dicté à Tétouan en 188 3 par El H'adj Moh'ammed de Massât.
(06) Les Ait Arous habitent dans la partie occidentale du nord du Maghreb, près de la ville d'El 'Araïch (Larrache) qu'ils ont probablement fondée (cf. Renou, Description de l'empire du Maroc, p. 3 1 5).
(67) L'arganicr ou argan (elœodendron argan) fournit une huilé depuis longtemps employée par les habitants du Maroc méridional. El Edrisi (Description de V Afrique et de V Espagne, éd. Dozy et de Gœje, p. 7b) donne les détails suivants : « La tige, les branches et les feuilles de cet arbre ressemblent à celles du prunier; le fruit, par sa forme, ressemble au fruit appelé 'oyoun (sorte de prune noire); lors de son premier développement, la peau en est mince et verte, mais elle devient jaune quand le fruit est mûr; il est d'un goût âpre et acide et n'est point mangeable; le noyau ressemble à celui des olives, car il est dur et pointu. On recueille ce fruit à la fin de septembre et on le donne aux chèvres qui l'avalent après avoir brouté l'enveloppe extérieure; elles le rejettent quelque temps après; on le ramasse, on le lave et. après l'avoir cassé et broyé, on le presse et on en extrait beaucoup d'huile d'un très beau noir, mais désagréable au goût. Cette huile est d'un usage fréquent dans le Maghreb occidental, où elle sert même pour l'éclairage. Les marchands qui vendent des beignets dans les carrefours l'emploient pour la friture, et elle n'est pas désagréable dans cette pâtisserie, quoique, lorsqu'elle vient en contact avec le feu,
elle exhale une odeur âpre et fétide. Les femmes maçmoudiennes s'en servent à la toilette pour faire croître, tresser et teindre leurs cheveux; par ce moyen, ils deviennent lustrés et d'un très beau noir ». El Bekri (Description de V Afrique septentrionale* p. 357-358) donne les mêmes détails sur l'argan qui porte aussi le nom de helgan ou de lou\ el Berber (amande des Berbères) : pour extraire l'huile, on laissait pourrir les fruits amassés en tas, afin d'en dégager le noyau, au lieu de les faire avaler car des chèvres. Cf. 'aussi Graberg de Hemsœ, Specchio dell'impero di Marocco, p. 1 1 4- 1 1 5 , Lenz, Timbouctou, 1. 1, p. 334-